dimanche 20 novembre 2016

La discrète amoureuse

Voilà une excellente pièce, drôle, enlevée jouée par une jeune troupe (Théâtre 13), inconnue pour moi.

Cette comédie de Lope de Vega (les gens savants disent « le Molière espagnol ») raconte l’histoire de Fénisa, jeune fille de bonne famille, qui vit cloîtrée par une mère trop rigide, amoureuse en secret de son voisin, le gentilhomme Lucindo. Celui-ci ne la connaît pas et est épris de Gerarda, une danseuse qui cherche à le rendre jaloux. Un mouchoir habilement abandonné par Fénisa provoque sa rencontre avec Lucindo. Mais c'est sans compter sur le Capitaine Bernardo, père de Lucindo, qui « double » son propre fils en demandant la main de Fénisa …

Suit une multitude de rebondissements (parfois invraisemblables mais c’est du théâtre !) qu’il est préférable de découvrir tout au long de la pièce.

C’est une pièce très divertissante, avec des moments plein de poésie, servie par l’énergie de l’ensemble des comédiens tous excellents et prêts à tout par amour. La scène où Hernando, le valet de Lucindo, mime une vieille femme est un pur moment d’anthologie. Et, comble de modernité, ce sont les personnages féminins qui prennent en charge leur destin et tirent les ficelles de l’intrigue. Ainsi, Fénisa, sous des dehors angéliques, multiplie les stratagèmes pour arriver à ses fins : se marier avec celui qu’elle aime.

Les décors sont minimalistes et la mise en scène joue sur le caractère espagnol des personnages, renforcé par l’accompagnement musical.

On sent que les interprètes s'amusent et la salle aussi !

Et rassurez-vous, l’Amour triomphe !

A ne pas rater.


jeudi 17 novembre 2016

Peau de vache

Marion (Chantal Ladesou) contrôle tout et en particulier son mari, Alexis, violoncelliste de renommée internationale. Ils forment un couple apparemment harmonieux jusqu’au jour où Pauline, une journaliste douce et séduisante, fait irruption dans leur vie...
C’est un spectacle divertissant porté par une « tornade », Chantal Ladesou, sa gouaille et ses excès, bien entourée par plusieurs comédiens souvent drôles, en particulier Anne Bouvier qui joue Pauline.
Bien entendu c’est une pièce de boulevard (drôle mais pas très drôle) écrite par le duo Barillet et Gredy (auteurs de « fleur de cactus ») qui nous fait revivre l’époque des années 1970, sa musique (Sheila, Dalida et Mireille Mathieu) et son habillement kitsch !
Seul problème, Chantal Ladessou est parfois incompréhensible, problème d'articulation ou ressort comique ?


jeudi 10 novembre 2016

Neige Noire

Neige Noire raconte en musique le parcours chaotique de Billie Holiday, légende du blues. Le spectacle porté par deux comédiens/chanteurs mêle des scènes autobiographiques (tirés des mémoires de Billie « Lady sings the blues »), qui évoquent notamment les violences sociales et raciales, avec certaines chansons reprises de son répertoire.
Une évocation toute en délicatesse et fantaisie auquel il manque un orchestre pour accompagner les titres chantés avec émotion par Samantha Lavital.



lundi 7 novembre 2016

La nuit des rois de William Shakespeare

La nuit des rois de William Shakespeare, mise en scène de Clément Poirée
C’est une histoire d’amours, sans critères d’âges ni de genres (une pièce d'actualité ?). Accrochez-vous, le 'pitch" est un peu compliqué : un duc (Orsino) qui se désespère de séduire une comtesse (Olivia) en deuil de son frère, des jumeaux garçon/fille rescapés d'une tempête, qui croient tous deux que l'autre est mort. La sœur (Viola) travestie en homme fait chavirer le cœur d'Olivia … et tombe amoureuse d’Orsino ! Ajoutons un oncle aviné (Sir Toby) et son compère crétin (Sir Andrew), un "fou" (Feste) et un intendant (Malvolio) qui va sombrer dans la folie !
Le metteur en scène, Clément Poirée, a choisi d’emprunter les codes du burlesque dans une mise en scène enlevée qui s’appuie sur la musique d’un piano très présente (et qui ajoute des effets supplémentaires). Le décor très sobre représente un dortoir duquel sortent des lits à baldaquin.
La scène de la folie de Malvolio dans ses bas jaunes a beaucoup fait rire V.
Les comédiens sont tous excellents, avec une mention spéciale pour le « fou », Bruno Blairet.
Bref, on s’amuse toute au long du spectacle, même si 2 h 30 peuvent paraître longues sur les fauteuils durs et étriqués du théâtre !