vendredi 23 décembre 2016

Edmond

Edmond est le succès mérité de cette saison.

Edmond Rostand a convaincu l’illustre comédien Constant Coquelin de jouer dans sa prochaine pièce dont il n'a que l'idée et un titre : « Cyrano de Bergerac ». S'appuyant sur des faits réels, Alexis Michalik décrit l’écriture et la création de cette pièce qui s’inspirera de la propre histoire et des rencontres de l’auteur, notamment celle de Jeanne, habilleuse, que l’on retrouvera sous les traits de Roxane.
Le spectateur assiste à la genèse de Cyrano, à travers de multiples tableaux qui s’enchaînent dans une totale fluidité et douze merveilleux et jeunes comédiens se partagent une trentaine de rôles (et installent eux-mêmes en un tour de main les décors).
Mais ce qui est le plus intéressant c’est la façon dont Michalik mêle dans son écriture, à travers des clins d’œil, l'histoire de la création de la pièce avec l’œuvre « Cyrano » qui deviendra une des œuvres les plus connus du répertoire français. Il inclue certains extraits de Cyrano et on croise de multiples personnages « hauts en couleurs » : Feydeau, Courteline, Sarah Bernhardt, Méliès, deux frères corses, maquereaux et producteurs, dans une sorte de « ruche bouillonnante » et de trouvailles de mise en scène.
L’ensemble du spectacle est intéressant, dynamique, drôle et poétique.
Si nous n’avions pas été convaincus par la précédente réalisation de Michalik « Le Cercle des illusionnistes », trop complexe pour ma petite cervelle, nous avons été totalement séduits par ce spectacle tonique et jubilatoire.
Courrez au Théâtre du Palais Royal !



Slava Snowshow

Slava Snowshow est un spectacle créé et mis en scène par l'artiste russe Slava Polounine, qui a cherché à révolutionner le personnage du clown.
Quelle déception : Les tableaux s’enchaînent sans aucun lien, aucune émotion ne se dégage, un spectacle qui se veut onirique et poétique mais, rien à faire, on n’adhère pas et pour tout dire on s’ennuie !
Il y a parfois quelques bonnes idées, quelques sourires, mais la magie n’opère pas !
La fin spectaculaire ne rachète pas l’ensemble.
Ce spectacle connait un immense succès dans le monde depuis 20 ans.


samedi 3 décembre 2016

Amédée

Avouons-le, nous sommes partis avec des pieds de plomb, V. et moi, pour nous rendre au théâtre, en nous demandant pourquoi nous avions choisi, en mai dernier, cette pièce sur le thème peu réjouissant de l’euthanasie.
Amédée est un jeune homme de vingt ans, victime d'un accident de la route, qui sort du coma presqu'entièrement paralysé. Côme de Bellescize, l’auteur, va décrire les réactions de ses proches, sa mère, ses amis, le personnel médical, mais surtout les pensées, les rêves, les sentiments, les fantasmes, les désirs de cet adolescent, prisonnier de son corps, face à cette situation.
Nous avons été bouleversés par cette pièce au texte sobre, parfois cru, qui ne sombre pas dans le « pathos », à l’intelligence de la mise en scène qui nous fait basculer du réel à l’imaginaire (on passe du rire aux larmes instantanément) et au jeu des acteurs toujours justes, attachants et tout simplement parfaits.
Mention spéciale à la scénographie (son, vidéo, musique, lumière, costumes), précise et présente au bon moment.
Sans dévoiler la fin, inspirée d’un fait-divers, on est bien sûr touché par le combat de cette mère qui se demande « comment l’aider ? » et souhaite respecter la volonté de son fils.
Le théâtre a tout son sens dans ce spectacle, vecteur à la fois d’émotions, de rires et de réflexions.
« Amédée » est une réussite totale, à voir de toute urgence, mais en transport en commun !


vendredi 2 décembre 2016

Des cailloux plein les poches

Nommé cinq fois aux Molières 2004, « Des cailloux plein les poches » a été repris en 2015 à Avignon : la pièce raconte le tournage d’un film américain (un mélodrame romantique) à gros budget en Irlande, dans lequel 2 figurants locaux, Charlie et Jake, ont réussi à se faire embaucher. Ils vont interpréter devant nous l’ensemble des personnages du tournage et faire vivre de manière comique l’ambiance au sein de l’équipe et dans la petite ville, et surtout le choc entre l’Amérique qui cherche à retrouver ses racines et les Irlandais frondeurs, buveurs et indisciplinés.

Éric Métayer et Elrik Thomas, exceptionnels dans la performance d’acteurs, interprètent, à un rythme endiablé, une vingtaine de personnages et arrivent avec très peu de moyens (le décor est presque vide) à recréer l’atmosphère d’un plateau de tournage grâce à une mise en scène imaginative.
C’est drôle, vivant, cruel, émouvant mais juste peut-être un peu trop long de 20 mn car le rythme est « speed » !

Et encore une fois V. a ri aux éclats devant les facéties des deux acteurs capables de se transformer instantanément en personnages féminins.

Un spectacle original dont on se souvient longtemps après l’avoir vu.