vendredi 21 juin 2019

Elton John à l'AccorHotels Arena

A 72 ans, après 50 ans de carrière, 300 millions d'albums vendus et 5000 concerts, Elton John a décidé de "raccrocher les gants" pour pouvoir se consacrer à sa famille, notamment ses jeunes deux enfants. Il se produit actuellement sur les plus grandes scènes des cinq continents, pour une tournée d'adieux de 3 ans qui a commencé en septembre 2018, avec un groupe de six musiciens dont deux l'accompagnent depuis les années 70 !
Ces concerts sont pour lui l'occasion de piocher dans son répertoire époustouflant, parmi des dizaines de bijoux pop, certains des titres incontournables (il en manque ...) comme « Candle in the Wind », « Your Song », « Sorry Seems to Be the Hardest Word », « Saturday Night », « Funeral for a Friend/Love Lies Bleeding », « Crocodile Rock », « The Bitch Is Back », « Daniel », mais aussi quelques morceaux moins connus comme « Levon » ou « Tiny Dancer » (tirés de l'excellent album "Madman Across the Water"). Le concert commence par les fameuses notes de piano de « Bennie and the Jets » et se termine avec "Goodbye Yellow Brick Road", deux titres de l'album du même nom sorti en 1973 (je l'ai découvert comme beaucoup d'entre nous avec ce double album). Le chanteur qui habite en France sera décoré vendredi de la Légion d'honneur par Emmanuel Macron.
Habillé plus sobrement que dans les années 80 et 90, Elton John a livré pendant 2 h 40 une prestation dynamique et épatante mais sans surprise, devant un écran géant qui projette des animations ou des images d'archives de sa vie, nettement plus en voix que lors de sa dernière venue en France en 2014. Il a toujours du coffre même si comme tous les vieux chanteurs (Paul McCartney, ...), il a perdu des aigus. Pendant le concert, il s'adressera plusieurs fois à l'auditoire de AccorHotels Arena pour évoquer son engagement contre le SIDA (sa fondation a récolté plus de 400 millions de dollars pour soutenir la recherche) et sa gratitude envers son public, toujours fidèle malgré les hauts et les bas (abus d'alcool et de drogues dans les années 80).
Les spectateurs en majorité de la génération "cheveux blancs" et de leurs enfants aisés (les places sont excessivement chères) reprennent en chœur les refrains de plusieurs de ses morceaux et dansent sur les trois morceaux qu'il a enchaînés à un rythme frénétique à la fin du concert : "Crocodile Rock", "I'm Still Standing" et "Saturday Night's Alright for Fighting", sur fond d'images retraçant sa longue carrière. Son énergie est communicative, la salle enthousiaste l'applaudit longtemps et nous sommes partis, les étoiles plein les yeux, en nous demandant qui pouvait le remplacer, non seulement pour son génie musical mais aussi pour sa personnalité attachante, sa générosité envers le public et ses engagements personnels qui le rendent unique et universel.
Il revient en France en octobre 2020.

https://youtu.be/M-nrpUkh9-s

Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce

Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce est un spectacle fait pour les fans d'Edouard Baer, qui l'a monté en quelques semaines et disons-le, "cela se voit !".
En effet, on peut aimer EB, son talent, sa gentillesse, sa bonne éducation, sa verve, ... et trouver que le texte n'est pas suffisamment écrit, sans fil conducteur et que le spectateur finit par se perdre dans une sorte de "best of" de références culturelles et d'hommages aux écrivains et acteurs qui l'ont influencé (Camus, Romain Gary, Malraux, Rochefort, Marielle, ...)
Bien sûr c'est souvent drôle, l'homme est attachant, sympathique et paraît cultivé et certaines répliques font mouche mais cela ne suffit pas à construire un spectacle qui paraît parfois un peu long et au final décevant.

jeudi 20 juin 2019

Mylène Farmer à Paris La Défense Arena

Entraîné par Valérie, nous avons assisté à l'un des 9 concerts de Mylène Farmer à Paris La Défense Arena, la plus grande salle de spectacle fermée d'Europe. Dans un immense décor façon vaisseau spatial constitué d'un écran taille XXXXL et d'estrades ceinturées d'écrans qui se déplacent tout au long du concert et sur lesquels évoluent les musiciens et la troupe de danseurs, Mylène Farmer, dans une combinaison noire signée Jean-Paul Gaultier, descend du plafond sur une sorte de cylindre blanc, dans une vibration sourde et la clameur du public en transe ! Cette entrée en scène donne le ton de ce show spectaculaire doté d'un dispositif de lumières grandioses, disposé dans l'ensemble de la salle, avec notamment des effets de courbes et des illuminations qui se superposent aux projections vidéos qui accompagnent une chorégraphie impressionnante, mais un peu éloignée du spectateur qui n'a pas acheté de billets "carré or" !
Le concert est constitué d'extraits de ses deux derniers albums et de morceaux incontournables, revisités dans des arrangements plus rock, comme "Innamoramento","Am Stram Gram", "Sans contrefaçon", "Pourvu qu'elles soient douces" "Fuck them all" ou "Désenchantée", chansons souvent reprises par la salle qui connaît les paroles par chœur, sans oublier l'indispensable larme, feinte ou non, lorsqu'elle interprète "Ainsi soit je…" dans une formation voix, si caractéristique, et piano.
Le final est impressionnant :  Mylène Farmer gravit la scène qui s'enflamme et disparaît dans le brasier, happée par les flammes, laissant sa cape de crête rouge s'évaporer derrière elle (dixit V.) !
Mais qu'a-t-elle fait pour mériter pareil châtiment ?
Et surtout pour les fans, reviendra-t-elle sur scène ?

mercredi 19 juin 2019

Mademoiselle Julie

Mademoiselle Julie est une pièce dure et cruelle de Stringberg, qui malmène le spectateur, envoûté et fasciné par le drame qui se déroule devant lui, durant la nuit de la Saint Jean, au cours de laquelle une jeune aristocrate, Julie, va chercher à séduire Jean, le valet de son père. Un jeu de séduction inégal qui nous rend voyeur de certaines situations malsaines jusqu'à la scène finale, tragique et bouleversante.
La pièce est portée par deux excellents acteurs que nous avons découverts ce soir-là : Anna Mouglalis, pleine de charme, magnifique perverse à la voix rauque dont l'inconstance finit par émouvoir et Xavier Legrand, malin et lui aussi ambigu qui va se transformer progressivement de victime en manipulateur.
Une pièce toujours actuelle, à la construction implacable, violente mais passionnante.


samedi 8 juin 2019

Guys and Dolls

Créé en 1950, Guys and Dolls est un grand classique de Broadway qui met en scène la confrontation de deux univers, celui des truands new-yorkais et de jeunes missionnaires de l’Armée du Salut.
Comme dans de nombreuses comédies musicales, l'histoire désuète n'est qu'un prétexte pour assister à un spectacle plein de charme, d'humour et de bonne humeur : 15 acteurs et un orchestre chantent et dansent dans un décor plein de couleurs sur des chorégraphies enlevées, dans la plus pure tradition de la comédie musicale américaine. Les costumes d'époque sont impeccables, les voix sont magnifiques, les danseurs et danseuses sont plein d'entrain et de vitalité. Bref un excellent spectacle de plus de deux heures qui donne de l'énergie et fait sortir le spectateur, le sourire aux lèvres !
Et comme dans tout spectacle américain, l'Amour triomphe !





dimanche 2 juin 2019

Roger Hodgson

Même si nous avons déjà assisté à plusieurs de ses concerts, c'est toujours un bonheur de retrouver Roger Hodgson (69 ans), principal compositeur, multi-instrumentiste et voix du groupe Supertramp, qui parcourt le monde depuis une dizaine d'années dans des "petites salles" comme l'Olympia, et interprète, avec un nouveau groupe cette année, des classiques incontournables comme "Take the Long Way Home" (extrait de Breakfast in America), "School" (magnifique intro à l'harmonica), "Breakfast in America" (composé à 19 ans !) , "The Logical Song" (le tube de 1979), "Child of Vision" (une merveille), "Dreamer" (titre qui a fait se lever les 2000 spectateurs "tendance cheveux blancs" de la salle), la suite "Fool's Ouverture" et en rappel  "Give a Little Bit" et "It's Raining Again". Mais, comme chaque année, il reprend aussi des morceaux moins connus comme "Easy Does It" ou "A Soapbox Opera" (deux morceaux tirés du meilleur album de Supertramp " Crisis? What Crisis?") ou "Even in the Quietest Moments" (seul à la guitare).
Il recevra mardi les insignes de chevalier des Arts et des Lettres et chante à guichet fermé pendant 5 jours à l'Olympia, dans le cadre de la tournée  "Breakfast in America 40th Anniversary World Tour" 17 chansons dont 14 de son ancien groupe (dont il n'a pas le droit d'utiliser le nom, résultat d'un conflit avec l'autre leader du groupe, Rick Davies !) et 3 morceaux de ses albums solo qui sont dans la lignée de ses compositions pour Supertramp, notamment 'Had a Dream". L'homme est toujours aussi sympathique, parle avec le public et semble prendre un réel plaisir d'interpréter ces morceaux qui ont bercé notre adolescence, tout en ayant conservé sa voix aiguë, magique et immédiatement reconnaissable.
Et bonheur supplémentaire, nous étions accompagnés de notre dernière fille Églantine qui, après avoir découvert la pop des Beatles qu'elle connait aujourd'hui mieux que moi, puis la musique psychédélique de Pink Floyd, écoute à fond de ballon dans sa chambre d'adolescente les morceaux du "superclochard".
Merci à Léopoldine GB et Live Nation de nous avoir offert deux heures de concert inoubliables.











https://youtu.be/56aZvgHjNkI