samedi 23 avril 2022

Sparks Casino de Paris 2022

Depuis de nombreuses années , j’ai la chance d’appartenir à une secte peu fréquentée en France, quelques milliers d’individus unis par le culte d’un groupe anticonformiste et singulier qui nous a réunis au Casino de Paris pour un concert inventif, qui a enchanté un public varié, mélange de la génération Y (nos enfants) avec les « papy-boomers » (V+R). Qui sont les Sparks, ce duo culte à l'origine de la comédie musicale “Annette” ? En 1968, Russel et Ron Mael fondent à Los Angeles un groupe de rock, les Sparks, mais rapidement ils s'établissent à Londres, plus créative musicalement que la Californie. Depuis, les deux frères ont publié 25 albums, dont les plus brillants sont parus depuis les années 2000 et ont influencé les plus grands noms de la musique pop, comme Queen, Depeche Mode ou Björk. Agés de 72 et 75 ans, les deux musiciens indémodables continuent à sortir de nouveaux disques, enchainent les tournées et les projets musicaux et ont écrit et composé la comédie musicale “Annette” de Leo Carax, primée à Cannes. Depuis 50 ans, leur musique mélange tous les genres, glam, disco, new-wave, électro pop et même opéra rock dans un style déjanté renforcé par le look « petites lunettes et moustache fine », émacié et inquiétant à la Buster Keaton de Ron, le génial compositeur, et la voix fascinante de falsetto de Russel, capable de couvrir plusieurs octaves dans une même chanson. Durant cette longue carrière, ils n’ont obtenu que peu de tubes, “This town ain’t big enough for both of us” en 1974 que vous connaissez forcément (vu votre âge !), un duo avec Les Rita Mitsouko « Singing in the Shower », un tube disco à la Giorgio Moroder « When I'm with You » et un single imparable « When Do I Get to Sing My Way » dans les années 90’s. Après un passage à vide, ils publient dans les années 2000’s plusieurs albums de haute volée, notamment « Lil’ Beethoven » d’une inventivité prodigieuse. L’anticonformisme est leur marque de fabrique, ce qui explique peut-être leur succès essentiellement en Europe et un manque de reconnaissance dans leur pays d’origine. Durant deux heures, dans une salle bondée, le public a voyagé à travers les cinquante ans de la carrière des Sparks avec les tubes ("This Town Ain't Big Enough For Both Of Us", "Number One Song In Heaven", "When Do I Get To Sing My Way"), les classiques des concerts (“Get in the Swingles”, “The Rhythm Thief”, “My Baby's Taking Me Home”) et les morceaux des derniers albums ("May We Start", "All That", "Edith Piaf (Said It Better Than Me)"). Nous sommes entrainés dans une pop inventive et flamboyante, entrecoupée d’interventions en français souvent drôles du chanteur, et de quelques pas de danse de Ron qui abandonne un bref instant son look raide derrière son clavier. Les spectateurs « sparksophiles » feront un triomphe aux deux frères Mael, si complémentaires, Russel en jaune canari toujours sautillant sur scène, et Ron impassible. Ils semblent surpris de ce succès tardif. Nous sommes sortis conquis par ce show original et galvanisant, heureux d’avoir été à nouveau témoins de leur génie burlesque et de leur singularité musicale.