dimanche 12 novembre 2023

Madonna - ACCOR ARENA - 12 novembre 2023

Au cours d'un show exceptionnel à Bercy, Madonna a prouvé hier à Paris qu'elle n'est pas pour rien la reine de la pop. Des chorégraphies spectaculaires, des tableaux liés à ses chansons (les costumes, les lumières, les vidéos) parfaitement mis au point, elle puise dans l’ensemble de sa discographie depuis ses débuts ("Everybody", "Into the groove", "Holiday", ...) Jusqu'à "Bitch I am Madonna". Pas sûr qu'elle n'utilise pas un peu le playback d'autant plus qu'il n'y a pas de groupe sur scène (mais seulement des bandes), sauf sa fille au piano pour un titre.

Elle parle un peu trop de sa famille qui l'a sauvée (!!!) et évoque bien sûr son engagement réel pour la lutte contre le SIDA. Elle danse peu et s'économise grâce à des intermèdes pris en charge par son extraordinaire troupe d'une vingtaine de danseurs. Certains tableaux sont splendides : Sur "Live to tell", elle est suspendue dans une nacelle en forme de cube de verre éclairé au-dessus de la foule ou sur « Erotica » sa troupe exécute une extraordinaire scène de boxe, sur fond de panneaux qui affichent des visages noir et blanc de célébrités (le peintre Keith Haring) et d’anonymes morts du SIDA.

« Ceci est l'histoire de ma vie » dit-elle en français, buvant de la bière au goulot : elle déroule ainsi la chronologie de son parcours musical, évoque son investissement personnel au Malawi, mais j'ai regretté l'absence de certains titres comme "Music", écrit par le français Mirwais, ou « Forbidden Love » extrait de son meilleur album « Confessions on a Dance Floor ». Abondance de biens ! Nous sommes entourés de nombreux garçons, nettement plus jeunes que nous, habillés selon les codes vestimentaires de la star.

Elle chante un extrait de « I Will Survive » à la guitare et enflamme la salle comble de Bercy avec « Hung Up » et son sample d’ABBA. Dans une très jolie séquence, en forme d'hommage, elle danse avec Michael Jackson en ombres chinoises, sur « Billie Jean » et « Like a Virgin ». On imagine le niveau de volonté, d'exigence et de recherche de la perfection qu'elle doit avoir pour aboutir à un spectacle aussi grandiose et spectaculaire et on comprend ainsi pourquoi elle est toujours présente depuis 40 ans sur la scène musicale !

Elle termine le show avec le titre « Celebration » (c’est le « Celebration Tour »), « Merci Paris ! » et il reste aux spectateurs de Bercy à trouver une solution pour rentrer à la maison, à minuit et demi !

vendredi 10 novembre 2023

Coupures

Coupures est une satire féroce qui aborde la place que le public occupe dans le débat démocratique en France : Comment Frédéric, maire écologiste, agriculteur, jeune père de famille, engagé, rêveur, recyclage, circuit-court, pistes cyclables et festival de musique débranchée… bref, comment Frédéric a-t-il pu décider seul, et dans le secret, du déploiement de la dernière génération d’antennes-relais partout dans la commune ?

La pièce est rythmée, grâce à une mise en scène astucieuse et un minimum d'accessoires et de décor et surtout de très talentueux comédiens qui passent avec facilité d’un rôle à l’autre. Le texte est intelligent, mêle réflexion et humour et évite le piège du militantisme. Cependant, quelques scènes de trop dans la seconde partie nuisent à la dynamique du spectacle.

Il faut encourager des compagnies comme « La Poursuite du Bleu » qui pratiquent une autre façon (plus militante) de faire du théâtre.

mercredi 8 novembre 2023

Glenn, la naissance d’un prodige

Quel bonheur de sortir du Théâtre André Malraux à Rueil avec le sourire aux lèvres, heureux d’avoir assisté à une pièce de théâtre dont le texte, l’interprétation et la mise en scène nous ont passionnés – bouleversés - fait rire et tout simplement enthousiasmés. C'est l'histoire du destin extraordinaire et tragique d'un des plus grands artistes du 20ème siècle. Sous l'impulsion de sa mère qui rêvait d'être concertiste, Glenn Gould commence le piano dès l'âge de deux ans et demi, et s'y révèle aussitôt très doué. Devenu adulte, il va totalement révolutionner la façon de jouer du piano, et vendre autant de disques que les plus grandes rock stars. Mais plus le public l'acclame, plus Glenn en souffre, car sa personnalité Asperger et hypocondriaque lui rend chaque concert extrêmement pénible et douloureux. Sans parler de sa vie privée, totalement sacrifiée... La pièce écrite par Ivan Calbérac (dont nous avions déjà apprécié « Venise n'est pas en Italie ») est pour une grande part centrée sur les rapports fusionnels entre la mère et le fils prodige (A-t-elle été trop présente dans la carrière de son fils ?). La mise en scène particulièrement inventive et dynamique utilise la musique (mélange de Bach et de chansons des années 70), la lumière et quelques projections qui permettent de changer de lieux sans changer de décors et donnent ainsi à la représentation un aspect presque cinématographique. Les comédiens tous excellents (et inconnus) incarnent les personnages à la perfection. Ils nous bouleversent jusqu'aux larmes, notamment l’acteur principal Thomas Gendronneau (par ailleurs musicien dans un groupe pop !) imprégné de son rôle, entre souffrance et virtuosité. La salle comble du théâtre a fait un triomphe aux acteurs de ce spectacle émouvant, sensible, drôle et EXCEPTIONNEL. La pièce est actuellement en tournée dans la région parisienne. Foncez !

samedi 4 novembre 2023

Lloyd Cole au Trianon (Paris)

Difficile pour un artiste de survivre après avoir publié un premier album de référence de la pop music, un des disques essentiels des années 80 que tout amateur doit avoir dans sa discothèque. C’est le cas de Lloyd Cole qui, après « Rattlesnakes », en 1984, a pourtant sorti dans les années 90’s d’excellents albums (notamment « Don't Get Weird On Me Babe », « Bad Vibes » ou « Love Story ») dans la même ligne (avec son groupe The Commotions, puis en solo) mais qui n’ont jamais eu le même succès que son chef d’œuvre d’origine. Dans la jolie salle du Trianon à l’acoustique parfaite, il a revisité l’ensemble de sa longue carrière, puisant dans toute sa discographie (une quinzaine d’albums), avec deux membres des Commotions et une batteuse blonde, mais surtout sa voix d’or qui pourrait nous réciter le bottin. En un peu plus de deux heures, tout de blanc vêtu, Lloyd Cole chante une trentaine de morceaux, entrecoupés de commentaires souvent drôles et parfois en Français. Ainsi après le titre « Myrtle and Rose », il explique : « C’est un titre que ma mère a aimé : il m’aura fallu 30 ans pour écrire une chanson qu’elle aime ! ». Cette tournée est aussi l’occasion de présenter certains des morceaux de son nouvel album « On Pain » qui ajoute une touche de musique électronique à un songwriting toujours aussi inspiré. Il est probable que « The Idiot » et « Wolves » s’ajouteront à la liste de ses classiques. Parmi ceux-ci, il ne pouvait pas ne pas interpréter « Why I Love Country Music », « Rattlesnakes », «Are You Ready to Be Heartbroken? », « Perfect Skin», ou « Forest Fire». Le public surtout composé d’adolescents (… mais dans les années 80 !!!) est probablement sorti de la salle, comme nous, heureux d’avoir assisté à un excellent concert à l’ambiance mi acoustique mi électrique parfaitement maîtrisée et surtout plein de charme et de douceur.

vendredi 3 novembre 2023

Les voyageurs du crime

Dans l'Orient Express, Sir Arthur Conan Doyle – père du célèbre Sherlock Holmes – et son ami Georges Bernard Shaw, montent précipitamment à bord du train pour fuir les troubles politiques qui agitent la région. Mais voilà qu’au cours de ce voyage une femme disparaît, sa fille paniquée demande de l’aide. Une très classique pièce policière, avec un train, un crime et plein de coupables potentiels, dans une mise en scène rythmée et de nombreux rebondissements. C'est une bonne comédie bien servie par des acteurs talentueux, dans des costumes d'époque, mais cette pièce vite oubliée ne renouvelle pas le genre.