dimanche 26 juin 1983

Supertramp au Parc de Sceaux

Le rock n'a pas cessé d'appartenir au show business avec ses studios, ses radios et a toujours fait une énorme consommation de groupes. Quelques-uns de ceux-ci, faiseurs de tubes spécialement méritants, ont inondé le marché, récoltant plusieurs pelletées de disques d'or. Parmi eux les Moody Blues, Procol Harum, Grand Funk Railroad. C'est arrivé plus récemment à Supertramp.

Ces super-groupes n'abritent pas d'individualité en leur sein. Ils forment un tout. C'est ce qui fait leur force, mais aussi ce qui les condamne à un renouvellement perpétuel et donc un jour à la mort. Le son qu'ils ont à offrir est primitivement tissé, enregistré dans un studio considéré lui-même comme un véritable instrument. Les éléments de la réussite éventuelle sont mis au point une fois pour toutes : sous des dehors progressifs abordables pour le plus grand nombre, leur musique met en avant la joliesse de la mélodie, joue sur les harmonies vocales, sur une certaine pompe dans les arrangements, sur l'omniprésence d'un instrument (le mélotron chez les Moody Blues, le saxophone chez Supertramp), sur un travail minutieux plaqué sur un nombre restreint d'idées.

Composé d'un Américain (le batteur Bob Siebenberg) et de quatre Anglais vivant en Californie (Rick Davies et Roger Hodgson aux claviers, John A. Helliwell au saxophone et aux synthétiseurs, Dougie Thomson à la basse), Supertramp est le super-groupe commercial de la fin des années 70. Un album techniquement propre, produit en 1979 (Breakfast in America) et vendu à près d'un million d'exemplaires rien que dans l'Hexagone, a apporté aux cinq musiciens une renommée dont, à l'évidence, ils ne se sont pas encore tout à fait remis.

Dans le magnifique cadre du parc du château de Sceaux, Supertramp n'a d'ailleurs pas démérité. Sa musique est assez élaborée et n'est pas dépourvue d'un certain humour. C'est agréable à écouter mais ça ne bouleverse pas. Il manque le charme, l'alchimie d'une œuvre. Le Monde

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