vendredi 7 décembre 1990

Les Inconnus (Théâtre de Paris)

Nouveaux princes du rire, Pascal Légitimus, Didier Bourdon et Bernard Campan, les comédiens du trio populaire au nom un peu provocateur aujourd'hui _ Les Inconnus _ sont des observateurs mordants de la vie quotidienne. Leurs sketches sont d'une durée variable mais d'une précision remarquable et leurs caricatures particulièrement décapantes. Avec un mélange singulier de comique verbal et visuel, de fantaisie burlesque et de dérision, de flegme et d'agilité parodique, le trio est à l'affiche du Théâtre de Paris. Après avoir battu des records d'audience dans les régions et vendu plus de cent mille cassettes vidéo de leur dernier spectacle. Jamais à court d'idée faisant mouche à tous coups, roulant à un train d'enfer, limitant à l'extrême la pause entre deux rires et parvenant, quand même, à y glisser des zones de tendresse et d'humanité, Les Inconnus multiplient les portraits incisifs et des rafales de gags. Comme Fernand Raynaud autrefois, la popularité des Inconnus risque de cacher à certains la qualité et la puissance de leur invention parodique, de leur humour extravagant. Plusieurs sketches de leur répertoire font déjà partie d'une anthologie imaginaire du rire : l'audition des comédiens, l'aumône publique, l'univers d'un boulevard de Paris au petit matin. Et l'approche qui est ici faite du racisme rappelle par sa force tranquille le sketch de Fernand Raynaud sur l'étranger chassé d'un village par une partie de la population, qui s'aperçoit, un peu tard, qu'elle a mis à la porte... l'unique boulanger du canton. Le Monde

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