mercredi 31 octobre 2018

Cirque du Soleil : Totem

Comme chaque année, le Cirque du Soleil vient à Paris présenter un nouveau spectacle parmi les 15 différentes créations qui sillonnent le monde (dont 6 à Las Vegas) : Totem a pour thème le périple de l'évolution de l'espèce humaine. Il me semble que dans ce spectacle le thème a peu d'importance, contrairement par exemple à "O" (spectacle aquatique) ou "Love" (célébration de l'héritage musical des Beatles). Il s'agit du voyage de l'humanité sur la planète mais aussi de rêves et de moments d'humour qui va enchanter le spectateur dans des numéros d'une incroyable virtuosité comme les monocyclistes qui se lancent des bols avec les pieds, une exhibition de barres et de voltiges par des acrobates colorés, un duo de patineurs à roulettes à la vitesse foudroyante, un numéro d'adresse aux anneaux ou, mon préféré, un show d'une totale poésie et sensualité de trapèze fixe par deux "amants" enlacés dans la hauteur du chapiteau.
Mais ce qui différencie le Cirque du Soleil des autres spectacles de cirque c'est à la fois l'extrême professionnalisme de l'ensemble des artistes mais aussi l'atmosphère envoûtante et onirique de la représentation, à la fois dans les décors et la mise en scène des différents tableaux et grâce à l'originalité de la musique qu'on peut qualifier de "musiques du monde".
Allez voir ce spectacle à Bagatelle avant fin novembre.


mardi 30 octobre 2018

Non à l'argent

Richard, architecte fauché, annonce à ses proches, sa femme, sa mère et son meilleur ami, qu'il renonce à toucher un gain de 162 millions d'euros au loto. Voilà le thème de cette comédie de boulevard drôle et intelligente.
Le jeu des acteurs est excellent, notamment Pascal Légitimus parfait dans son rôle du gagnant plein de doutes et Claire Nadeau excellente dans le rôle de la mère cynique et prête à tout pour récupérer le magot !
La mise en scène est dynamique et, si la pièce met un peu de temps à démarrer, un rebondissement relance la situation comique, ce qui permet de passer excellent moment de détente et de rire.


vendredi 12 octobre 2018

Moi Papa ?

Nous avons découvert Arthur Jugnot (fils de ...) à l'occasion de ce one man show, adaptation d'une pièce d'un auteur islandais Bjarni Haukur Thorsson qui nous raconte l'angoisse d'un papa quant à sa future paternité et décrit avec humour sa vie quotidienne ensuite. La mise en scène moderne et vivante, intègre des vidéos, des accessoires, de la magie ce qui nous permet de suivre les relations du futur papa avec sa femme et plus tard son fils. Le spectacle interactif est drôle, émouvant et Arthur Jugnot restitue parfaitement les différentes phases de découverte de cette nouvelle vie, passant du rire aux larmes : la scène de sa femme chez le gynécologue est hilarante. Attention c'est un humour potache et la finesse n'est pas toujours au rendez-vous !
Un spectacle très réussi et une très belle performance d'Arthur Jugnot.


jeudi 11 octobre 2018

Etienne Daho en concert au TAM

Depuis le début des années 80, Etienne Daho mène une carrière exemplaire qui lui a permis d’être considéré ces dernières années comme le « parrain de la french pop ». Il faut dire qu’il n’a jamais publié un mauvais album (seulement 12 en 35 ans de carrière) et que, après ces premiers tubes électro pop (Le Grand Sommeil, Week-end à Rome, Tombé pour la France, etc.), il a su évoluer vers un style plus électro dans les années 90 (période « Pop Satori ») pour revenir à des ambiances plus rock depuis les années 2000 (notamment l’excellent dernier album « Blitz » sorti fin 2017). Très discret sur sa vie privée (il a raison) on comprend malgré tout à l’écoute des paroles de ses chansons, qu’elle est intense et mouvementée.
Immanquablement, après chaque album, une nouvelle tournée («BlitzTour » en 2018) qui lui permet de présenter ses nouveaux morceaux en live (« Le jardin », « Les filles du canyon », « Les flocons de l'été », …), des reprises (« Arnold Layne », de Pink Floyd première période) et de puiser dans sa riche discographie les tubes incontournables comme « Epaule Tattoo », « Bleu comme toi », et surtout « le premier jour (du reste de ta vie) », morceau de Sarah Cracknell (chanteuse du groupe pop anglais Saint Etienne) qu’il s’est totalement réapproprié.
J’ai regretté le dépouillement de « Week-end à Rome », au tempo trop ralenti, j’ai modérément apprécié les éclairages à dominante crépusculaire qui donne parfois l’impression d’être dans une boite de nuit (qu’il écume encore !) et j’aimerais qu’il intervienne plus systématiquement entre les chansons.
Finalement Etienne Daho, look d’éternel ado, la voix nettement plus assurée que lors des concerts précédents, homme pudique et probablement timide, qui s’impose avec retenue et humilité grâce à un rapport affectif avec son public, est une des personnalités les plus attachantes de la chanson française actuelle.

https://youtu.be/BR7Kart_HhU


mercredi 10 octobre 2018

Sur la route de Madison

Nous avons tous été séduits par le merveilleux film de Clint Eastwood avec Meryl Streep sur cette passion amoureuse intense (mais sans espoir) entre une mère de famille qui mène une vie paisible et qui croise la route de Robert Kincaid, reporter, dans l'Iowa des années 60. La pièce est l'adaptation du film et il est difficile de ne pas faire de comparaison : Clémentine Célarié est bouleversante, fragile et consumée par cette passion dévorante, dans le rôle de Francesca Johnson, mère de famille au foyer qui a dédié sa vie à ses enfants et son mari. Nous avons été moins séduits par Aurélien Recoing qui  joue le rôle de Robert Kincaid, reporter chargé de photographier les ponts du comté de Madison : Difficile d'être convaincu que la passion puisse les animer ; est-ce la différence d'âge, ou le physique des deux acteurs qui ne colle pas ensemble, bref le duo ne fonctionne pas, "on n'y croit pas". Désolé !


samedi 6 octobre 2018

Caroline Vigneaux au Palais des glaces à Paris

Caroline Vigneaux, ex-avocate, revient avec un second spectacle au Palais des glaces à Paris, « Caroline Vigneaux Croque la Pomme », encore plus drôle, mieux écrit et plus percutant que le premier. Si les thèmes de son « one-woman show » passent "du coq-à-l’âne", l’égalité hommes/femmes (depuis Adam et Ève !), la bourgeoisie (notamment le rite des rallyes parisiens), les sites de rencontre, la vie des femmes divorcées pendant la semaine sans les enfants, les secrets de la robe des avocats, les animaux de compagnie, mais aussi les fuites urinaires ou la localisation géographique du point « G », c’est toujours brillant et hilarant !
Caroline Vigneaux c’est surtout de l’humour intelligent, un sens comique dans les moments d'improvisation avec le public, un goût pour la truculence (à la limite de la vulgarité… mais validé par V.), un texte très écrit à l’humour corrosif, une mise en scène rapide aux enchaînements travaillés par les éclairages ou les bruitages.
Bien sûr elle dit des gros mots et les hommes en prennent pour leur grade, mais quelle folle énergie, quel peps ! Bref, nous avons beaucoup aimé son spectacle (je vous recommande un petit restaurant thaï, « canal Thaï », quai de Jemmapes, à côté du théâtre).

jeudi 4 octobre 2018

U2 en concert à l'AccorHotels Arena

Nous n'avions jamais assisté à un concert de U2 dont je connais assez mal la discographie. Nous étions présents le 4ème soir, en même temps que le Président de la République, ainsi que Sarkozy et Carla, assis devant nous.
"eXPERIENCE + iNNOCENCE Tour 2018" reprend l'impressionnante scénographie de la tournée 2015, composée notamment d'un gigantesque écran qui coupe la salle en deux sur lequel défileront des images et vidéos accompagnant certains des morceaux du concert et au sein duquel le groupe fera son apparition sur une passerelle, parfois en ombre chinoise.
La setlist fait une grande place aux deux derniers albums mais aussi à certains morceaux emblématiques de la longue carrière (plus de 30 ans !) du groupe comme "Beautiful Day", "I Will Follow", "Pride (In The Name of Love)", "Sunday Bloody Sunday" et une sublime relecture de "New Year's Day".
Bien sûr il faut accepter les longs prêches et le tropisme humaniste de Bono dont le nouveau cheval de bataille est l'Europe (moi aussi je suis inquiet de la montée du populisme en Europe, mais je préférerais qu'il chante deux chansons de plus !) : au début du concert, sur l'immense écran défilent des images des villes européennes en ruine à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que le discours de Chaplin du "Dictateur".
C'est un show millimétré (qui sera répété des dizaines de fois sur les scènes du monde entier) dont la mise en scène très marquée empêche toute spontanéité. Il reste des moments d'émotion en particulier lors des chansons "douces"qui évoquent la jeunesse dublinoise du groupe, la rue familiale "Cedarwood Road" ou dans une note plus intimiste, la mère de Bono décédée dans le très beau morceau "13 (There Is A Light)" qui clôt le concert : le chanteur traverse une nouvelle fois le public, tombe sur une réplique miniature de sa maison d’enfance et disparaît dans la fosse.
U2, une des vaches sacrées du monde de la pop music, propose un show très professionnel qui en met plein les yeux et les oreilles (un peu trop fort pour mes esgourdes modèle 1956), mais où il manque un peu d'improvisation et de prise de risque !
A l'AccorHotels Arena, nous n'avons pas assisté à un concert pop mais à un show spectaculaire.
Merci Live Nation.