vendredi 20 décembre 2024

Véronique Sanson au Théâtre André Malraux

Véronique Sanson, chanteuse mythique au répertoire emblématique, est en tournée « Hasta Luego » depuis deux ans et c’est le TAM qui accueille la dernière date de ses concerts.

Elle a fêté ses 75 ans sur scène, en mars 2024, au Grand Rex à Paris, entourée de ses fidèles musiciens, que nous avions déjà appréciés lors de sa tournée précédente qui était passée par la Seine Musicale à Boulogne.

Au cours de son concert à Rueil, elle a revisité 17 titres, pour la plupart extraits de ses premiers albums (« Amoureuse », « De L'Autre Côté De Mon Rêve», « Vancouver » Hollywood » et bien entendu »Le Maudit »), dont nous avons tous usé les vinyles en 33 tours, sur le tourne disque de notre adolescence (heureusement, il n’y a pas de génération XYZ, je comprends rien à ces appellations, qui me lisent !).

Fragile et se déplaçant parfois avec difficultés, elle est rayonnante et manifestement heureuse sur scène, au piano, avec ses 10 musiciens, incluant une solide section rythmique et trois cuivres. Evidemment, sa voix plus grave et légèrement voilée ne lui permet plus de chanter ses vibratos vertigineux et elle doit parfois être soutenue par ses deux choristes.

Mais quel bonheur d’entendre « On m'attend là-bas », « Comme je l’imagine », « Amoureuse », « Besoin de personne », « Chanson sur ma drôle de vie », « Vancouver », « Bernard's Song (Il n'est de nulle part) », « Alia Soûza » et « Bahia » que toute la salle a chanté, debout, avec elle.

Véronique Sanson est une autrice et compositrice majeure de la chanson française mais elle est surtout attachante, généreuse, pleine de vie et totalement émouvante sur scène et c’est l’essentiel.

jeudi 12 décembre 2024

Ring (Variations du couple)

C’est la critique de Télérama et du Monde et la séduisante bande annonce qui m’ont incité à aller voir la pièce « Ring (variations du couple), au Théâtre de l’œuvre.

De la première rencontre à la dernière rupture, seize rounds amoureux qui oscillent nerveusement entre rire et drame. Amants, parents, étrangers, divorcés, veufs, maris et femmes… tous s’appellent Camille et tous se débattent avec leurs pulsions, leurs éducations, leurs idéaux.

D’une étincelle se propage un feu, d’un malentendu éclate une guerre, malgré les efforts surhumains de chacun pour aimer l’autre… et s’aimer soi-même.


Les saynètes s’enchaînent sur l’évolution d’un couple, des origines de l’humanité à la vie moderne, dans un registre de comédie … malheureusement pas toujours drôle ! Certaines scènes sont très réussies comme le dialogue du début de la pièce avec Adam et Eve dans un décor de verdure ou la rencontre improbable du duo dans une boite de nuit sur fond de musique disco.

Mais le texte véhicule aussi de nombreux clichés sur le couple et j’ai fini par trouver le temps long, malgré le talent des deux comédiens, inconnus pour moi, Jina Djemba et Amaury de Crayencour qui passent par une palette d’émotions avec une aisance remarquable : un mélange d’amour, de joies, de larmes, de colère, d’espoir, de maladresses et de rires …

Comme l’indique le titre de la pièce, le spectateur assiste à des face à face au cours desquels un homme et une femme s’affrontent sur des thèmes relatifs au couple : la rencontre, la naissance, le prénom du bébé, la fidélité,…

Les spectateurs peuvent se reconnaître sur certaines situations dans ce combat de boxe en 16 rounds, mais je ne sais pas pourquoi, je suis resté à côté du ring.

mercredi 4 décembre 2024

Paul McCartney La Défense Arena 4 décembre 2024

Paul McCartney était hier soir à La Défense Arena, la plus grande salle couverte d’Europe, pour le début de sa tournée européenne qui passera ensuite par l’Espagne et l’Angleterre.

En forme malgré ses 82 ans, il a joué 36 titres dont plus de la moitié du petit groupe de Liverpool, pendant plus de deux heures de show, sans s’arrêter. Il y a des chansons incontournables de sa période solo (« Maybe I'm Amazed », « My Valentine », …), des extraits d'albums des Wings, le groupe qu'il a fondé un an après la fin des Beatles, comme « Band on the run », « Let Me Roll It », « Jet », « Nineteen Hundred and Eighty-Five », ma chanson préférée de cette période des années 70’s « Let’Em In », l’inévitable « Live and Let Die » et surtout certains des grands classiques des Beatles comme « Can't Buy Me Love », « Got to Get You Into My Life », « Love Me Do », « Michele » (qu’il ne chante qu’en France), « Lady Madonna », « Something » (en hommage à George Harrison), « Get Back », la nouvelle chanson « Now and Then » qui avait été composée par John Lennon en 1977, « Let it be », « Hey Jude » dont le fameux « nanana » est repris en chœur par les 40 000 spectateurs et la suite « Golden Slumbers », « Carry That Weight » et « The End », qui termine toujours ses concerts.

Elégant et paraissant 20 ans de moins (merci bistouri), il déroule un show qui reprend pour une large part les mêmes temps forts qu’en 2018 : la passerelle qui élève le grand Paul sur « Blackbird », la formation acoustique avec ses quatre musiciens habituels pour reprendre certaines des premières chansons, d’émouvantes images d'archives des Fab Fours qui défilent sur grand écran pour illustrer le répertoire des quatre garçons dans le vent.

Mais finalement le plus impressionnant chez cet artiste exceptionnel, c'est que, même après des centaines de concerts, il donne encore l'impression de fraîcheur, de spontanéité et de simplicité et d'être toujours heureux sur scène, avec ses musiciens, pour interpréter des chansons qu'il a écrites il y a ... 60 ans !

Bien sûr, il a quelques difficultés dans les aigus (il est alors soutenu par le chœur des musiciens), il refait les mêmes plaisanteries lorsqu’il essaie de parler en français et on peut trouver que les arrangements musicaux manquent un peu de subtilité (probablement pour couvrir ses faiblesses vocales).

Mais le public (pas que des vieux comme nous !) est heureux d’être à l’unisson pour célébrer le grand homme qui a marqué à jamais l’histoire de la musique populaire et qui nous aura, encore une fois, touchés au cœur.