Emma et Ludwig veulent s’enfuir et passer à l’Ouest. Emma se fait engager comme aide-soignante chez Werner Hofmann pour s’occuper de sa vieille mère sénile. Elle n’est pas là par hasard, cet appartement possède un passage secret qui mène de l’autre côté du Mur. La situation est déjà suffisamment compliquée mais si en plus Werner est un agent de la Stasi, qu’il tombe fou amoureux d’Emma, et que l’appartement est un nid d’espions, ça tourne au burlesque.
La pièce s’ouvre sur une vidéo des abords du mur de Berlin qui longe la façade du mur et entre dans un appartement à la mode RDA (canapé en velours marronnasse, buffet, papier peint kitch avec une faucille et un marteau, affiche de propagande de la Stasi....) et le ton est donné !
C'est bien sûr une vraie pièce de boulevard, avec les grosses ficelles du théâtre, le comique de répétition (la chanson Kalinka pour endormir la vieille dame), les personnages caricaturaux (le général de la Stasi en deuil de son chien), les quiproquos en cascade, les multiples rebondissements et surtout une mise en scène dynamique.
Tout celà fonctionne grâce à l'ensemble des comédiens pleins de fantaisie, notamment : Patrick Haudecoeur (l'auteur de la pièce) trouillard à l’air penaud, Anne Charrier, pétulante et dure-à-cuire, qui passe sans mal de la fugitive à la femme fatale usant de ses charmes pour sauver sa peau, Maxime d’Aboville au phrasé maniéré qui voue une adoration à Staline mais qui est totalement soumis à deux femmes au tempérament autoritaire : sa mère et son épouse !
A condition de mettre de côté toutes les situations invraisemblables de l'histoire, Berlin Berlin est une pièce burlesque très drôle pendant laquelle on rit de bout en bout.

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