dimanche 26 janvier 2025

Pauvre Bitos

Une bonne soirée au TAM grâce à la découverte d’une pièce d’Anouilh « Pauvre Bitos », une comédie grinçante, violemment attaquée lors de sa première représentation en 1956 (elle faisait allusion à la période de l’épuration).

Dans une petite ville de province, une petite bande de notables se donne rendez-vous pour un « dîner de têtes ». Chacun doit se faire la tête d’un grand personnage de la Révolution française. André Bitos, fils du peuple devenu magistrat incorruptible et vertueux, est l’invité d’honneur : il jouera Robespierre. Mais il semble que l’objectif de cette soirée ne soit pas uniquement de refaire l’histoire de France… Un jeu de massacre cruel et jubilatoire !

Cette pièce permet de comprendre les ressorts psychologiques des grandes figures de la révolution française, notamment Bitos/Robespierre, roturier à l’esprit de vengeance, devenu un implacable épurateur. Finalement, victime d’une assemblée à la mode « dîner de con » venue régler des comptes, il nous dévoile un côté humain derrière le tyran, lié aux complexes que lui a forgés une enfance pauvre. Il est interprété par le remarquable Maxime d'Aboville, qui porte la pièce mais les autres acteurs qui jouent Danton, Camille Desmoulins, Mirabeau et Marie-Antoinette sont aussi tous excellents.

Le texte d’Anouilh est féroce et cruel, un véritable jeu de massacre et la mise en scène qui passe d’une époque à l’autre est sobre. Ce spectacle est une totale réussite avec une seule ombre, un problème d’audition pendant une bonne partie de la représentation.

Pauvre âme humaine !

vendredi 24 janvier 2025

Ma Version de l'Histoire

Nous avons été déçus par la pièce de théâtre « ma version de l’histoire » de Sébastien Azzopardi, auteur à succès de comédies comme « L'embarras du choix » ou « Dernier coup de ciseaux » (que nous n’avons pas vues).

Valentine et Sam font une thérapie de couple. Sam n'a pas du tout envie d'être là. Valentine pense que c'est essentiel. Elle raconte leur vie. Mais Sam s'insurge : ça ne s'est pas passé comme ça ! Et il se met à raconter sa version de l'histoire. Alors qui a tort ? Qui a raison? A vous de juger.

La mise en scène est originale grâce à un décor utilisant des projections qui transporte le spectateur de lieux en lieux. La distribution est réussie, notamment l’auteur et Miren Pradier qui interprètent avec talent ce couple qui s’interroge sur leur vie.

Le problème vient du texte de la pièce, sans grand intérêt, plein de clichés et avec un humour au ras des pâquerettes. Les saynètes se succèdent qui présentent les différences de point de vue, les allers-retours dans le passé sont certes menés tambour battant, mais le procédé devient un peu trop répétitif.

Nous avons ri, surtout au début de la pièce, mais l’ensemble est trop long et finalement je me suis ennuyé pendant une bonne partie de la représentation.

Finalement, cette pièce qui traite de la lassitude du couple, a déteint sur nous ! Mais il faut reconnaître que la salle du TAM, au vu des applaudissements, a manifestement beaucoup apprécié cette soirée.