Michel Polnareff a donné un concert plein d’émotions samedi soir dans la salle de Paris Bercy (oui c’est son nom pour les boomers !), quasi pleine, notamment de nombreux fans qui, pour certains, avaient revêtu l’uniforme de rigueur : une perruque blonde bouclée et des lunettes blanches !
A 81 ans, il vient de sortir un nouvel album bien accueilli par les critiques mais qui a eu peu de succès et a donc bien compris que le public vient à ses concerts pour écouter les nombreux tubes du début de sa carrière (entre 1966 et 1973). C’est l’une des dernières légendes de la chanson française qui a gâché son talent lors de son exil californien, a renoué avec le succès au début des années 80’s avant un long passage à vide jusqu’à la parution de son dernier album en 2024.
L’amiral (c’est son surnom) est un mélodiste de génie, un musicien virtuose et un provocateur anticonformiste. L’homme est attachant, respectueux de son public et plein d’humour.
A Paris, il n’a chanté que 17 titres pendant environ 1 h 30, dont deux sont extraits du nouvel album « Un temps pour elles » et, pour les autres il puise dans ses standards (pas tous) : Le bal des Laze (mon titre préféré), Tam tam, La poupée qui fait non (nous avons tous repris non non non), La mouche (à la sauce funk), Qui a tué grand ‘maman, Love Me, Please Love Me (en virtuose du piano), Tout, tout pour ma chérie, On ira tous au paradis, Lettre à France, Goodbye Marylou (son dernier véritable succès). Il manque notamment « Âme câline » qu’il a chantée à Londres.
Contrairement à ce que j’ai lu dans les gazettes, il a conservé sa voix haut perchée immédiatement reconnaissable, sans aucune fausse note et a montré notamment sur « Love Me, Please Love Me » qu’il est capable de monter très haut dans les aigus. Il est entouré d’un groupe de musiciens anglais et d’un ensemble à cordes …. et sollicite souvent la salle qui reprend en chœur les morceaux emblématiques. Enfin, la scénographie qui fait appel aux dernières technologies de la projection vidéo est impressionnante et raffinée, et met notamment en valeur ses performances au piano.
Avec « Lettre à France » en version full band, Michel Polnareff quitte la scène sous les acclamations mais ne revient pas (il a du mal à marcher). Nous repartons dans notre banlieue, heureux d’avoir assisté à un moment de partage d’un grand artiste avec son public et à un concert de légende d’une icône de la chanson française.

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