Montaigne, après s'être retiré des affaires publiques, passa les vingt dernières années de sa vie à inviter le monde dans sa bibliothèque.
Brillante adaptation et interprétation des Essais par un comédien, Hervé Briaux, à la diction impécable, qui met ce texte intelligent et moderne à notre portée, ... c'est à dire bien bas !
Mais je n'ai pas apprécié qu'il me fasse comprendre que je suis aussi important qu'une fourmi.
lundi 31 octobre 2022
samedi 15 octobre 2022
Tindersticks en concert à Bordeaux
Formé à Londres en 1992 par un trio de musiciens emmené par le chanteur et guitariste Stuart A. Staples (Il vit à La Souterraine dans la Creuse), Tindersticks a publié 12 albums studio à l’atmosphère dépouillée et souvent mélancolique.
Le groupe anglais a imposé un style à part en trente ans de carrière, notamment grâce à ses ballades musicales souvent désespérées, bien loin de la britpop des années 90’s, et à la voix de crooner unique, distinctement basse et nasillarde de Staples.
Nous avons assisté à leur concert à Bordeaux dans une formation de six musiciens, Stuart Staples, chapeau vissé sur la tête, littéralement immergé dans ses chansons et un groupe à l’unisson qui multiplie les changements d’instruments, concentré autour de leur leader.
Le charme de la musique de Tindersticks s’est tout de suite imposé et la salle du théâtre Femina composée de nombreux seniors mais aussi de trentenaires, écoute religieusement dans une atmosphère feutrée une setlist trop courte de 18 chansons élégantes et raffinées dont je retiens notamment l’interprétation époustouflante de « For the Beauty » et la version envoutante de « Medicine ».
Ce soir, nous avons vécu une performance rare à l'émotion omniprésente et, après les 3 chansons de rappel, les Tindersticks quittent rapidement la scène, sous les acclamations méritées de la salle.
V. qui a découvert récemment les Tindersticks, sous le charme de ce concert, m’a glissé en sortant du théâtre, « pourquoi les enfants ne connaissent pas ce groupe ? »
Clara Haskil, prélude et fugue
Comme chaque année, la nouvelle saison du TAM à Rueil offre la possibilité de découvrir à quinze minutes de la maison, de multiples spectacles variés (19 pour nous cette année), pièces de théâtre, ballets, spectacles de cirque moderne, concerts, humoristes ... + dîner obligatoire dans le restaurant asiatique "Hong Kong Palace", en face du théâtre, dont nous sommes capable de citer la carte dans la voiture (ce soir, je vais choisir B12 !).
Sur l'ensemble de la saison, il est probable que nous regretterons notre choix pour un ou deux spectacles "trop bien vendus" par la jolie responsable de la programmation, lors de la séance de présentation en mai dernier.
Pas grave.
A l'inverse, c'est l'opportunité de découvrir un spectacle qui va nous enthousiasmer et nous parlerons du bonheur de cette découverte dans la voiture en rentrant, heureux de cette bonne soirée (incluant le canard au curry ...). C'est le cas de notre soirée d'hier consacrée à Clara Haskil, célèbre pianiste d'origine roumaine, dont la vie est retracée dans la pièce "Clara Haskil, prélude et fugue" par un duo : Laetitia Casta joue, NON ELLE EST Clara, et à ses côtés, une jeune pianiste, Isil Bengi, interprète plusieurs morceaux (Mozart, Chopin…). Cette évocation commence par sa mort imminente (après une chute dans l'escalier de la gare de Bruxelles) pour remonter à son enfance et suivre sa vie, l'incendie de l'appartement familial, la mort prématurée de son père, son départ à 7 ans pour Vienne, un premier prix au Conservatoire à Paris, une douloureuse scoliose, sa rencontre avec Charlie Chaplin, sur fond de deux guerres ... une vie de douleurs pour cette petite fille précoce, à la gloire tardive, traumatisée par la mort de sa mère qu'elle ne cesse d'appeler.
La performance de Laetitia Casta est exceptionnelle, bouleversante, elle change de tonalité et passe d'un personnage à l'autre avec un total naturel, se déplace avec grâce entre les trois pianos (un petit piano d'enfant, un piano droit d'étude, un piano à queue noir), se tient sculpturale face au public et nous émeut ainsi tout au long de ce spectacle trop court, éternelle petite fille au destin tragique. La mise en scène simple joue sur la division de la scène par de superbes jeux de lumière et quelques ajouts sonores.
Hier soir, nous n'avons pas vu une ancienne mannequin mais une actrice de talent qui n'a pas choisi la facilité et porte ce spectacle avec beaucoup d'énergie. Laetitia Casta se révèle époustouflante en tragédienne.
La salle du TAM, débout, a longuement applaudi le duo.
Sur l'ensemble de la saison, il est probable que nous regretterons notre choix pour un ou deux spectacles "trop bien vendus" par la jolie responsable de la programmation, lors de la séance de présentation en mai dernier.
Pas grave.
A l'inverse, c'est l'opportunité de découvrir un spectacle qui va nous enthousiasmer et nous parlerons du bonheur de cette découverte dans la voiture en rentrant, heureux de cette bonne soirée (incluant le canard au curry ...). C'est le cas de notre soirée d'hier consacrée à Clara Haskil, célèbre pianiste d'origine roumaine, dont la vie est retracée dans la pièce "Clara Haskil, prélude et fugue" par un duo : Laetitia Casta joue, NON ELLE EST Clara, et à ses côtés, une jeune pianiste, Isil Bengi, interprète plusieurs morceaux (Mozart, Chopin…). Cette évocation commence par sa mort imminente (après une chute dans l'escalier de la gare de Bruxelles) pour remonter à son enfance et suivre sa vie, l'incendie de l'appartement familial, la mort prématurée de son père, son départ à 7 ans pour Vienne, un premier prix au Conservatoire à Paris, une douloureuse scoliose, sa rencontre avec Charlie Chaplin, sur fond de deux guerres ... une vie de douleurs pour cette petite fille précoce, à la gloire tardive, traumatisée par la mort de sa mère qu'elle ne cesse d'appeler.
La performance de Laetitia Casta est exceptionnelle, bouleversante, elle change de tonalité et passe d'un personnage à l'autre avec un total naturel, se déplace avec grâce entre les trois pianos (un petit piano d'enfant, un piano droit d'étude, un piano à queue noir), se tient sculpturale face au public et nous émeut ainsi tout au long de ce spectacle trop court, éternelle petite fille au destin tragique. La mise en scène simple joue sur la division de la scène par de superbes jeux de lumière et quelques ajouts sonores.
Hier soir, nous n'avons pas vu une ancienne mannequin mais une actrice de talent qui n'a pas choisi la facilité et porte ce spectacle avec beaucoup d'énergie. Laetitia Casta se révèle époustouflante en tragédienne.
La salle du TAM, débout, a longuement applaudi le duo.
jeudi 13 octobre 2022
Bérénice
Titus et Bérénice sont amoureux de longue date. Titus a même promis le mariage à sa reine de Palestine. Mais dès qu’il monte sur le trône, à la mort de son père Vespasien, Titus comprend que Rome n’acceptera jamais une reine étrangère pour régner à ses côtés. Il doit donc choisir entre amour et pouvoir et renoncer à Bérénice.
Dans un décor ultra-moderne et sobre, la chambre de Bérénice avec ses deux fenêtres ouvertes sur un ciel changeant, les trois acteurs subtils, dans des habits d'aujourd'hui, nous font vivre avec intensité cette tragédie sans issue, sur fond d'une musique enregistrée qui accompagne les vers de Racine. Il faut peu de temps pour s’habituer à ces monologues en alexandrins dans cette ambiance moderne grâce aux interprètes exceptionnels, Jacky Ido qui incarne Antiochus, l’amoureux transi et frustré de Bérénice, Frédéric de Goldfiem, brillant Titus et Carole Bouquet qui incarne une Bérénice émouvante.
Une excellente soirée grâce à un équilibre subtil entre classicisme et "mise au goût du jour".
mardi 11 octobre 2022
Coldplay
Concert mémorable hier au stade de France (merci Léopoldine) de Coldplay, définivement un groupe taillé pour les grandes scènes, à grand renfort de feux d’artifice, pluies de confettis, lâchers de ballons, bracelets lumineux (dont les spectateurs ont été équipés), qui changent de couleurs au gré des chansons et surtout d'hymnes repris par 70 000 personnes qui montrent que Chris Martin est à la fois un grand showman mais aussi un grand compositeur de chansons pop fédératrices, ... dont nous avons particulièrement besoin en ce moment.
Nile Rogers - Bernard Lavilliers - Suzanne Vega
Le hasard de la programmation musicale nous a conduits à assister à trois concerts d’artistes très différents en une semaine, comme un condensé de ce qu’offre le spectacle vivant : la découverte de nouvelles musiques interprétées par de vrais musiciens (et pas des machines !) et la sensation de bonheur collectif partagé par l’ensemble des spectateurs.
Nile Rodgers, un des deux membres du groupe CHIC, qui a popularisé le disco/funk à la fin des années 70 avec son jeu de guitare immédiatement reconnaissable, a fait danser la salle Pleyel avec l'interprétation des tubes de son ancien groupe et les hits qu'il a produits pour Madonna, David Bowie ou Diana Ross. Un show très (trop ?) professionnel qui a enthousiasmé un public grisonnant et leurs enfants trentenaires, tous debout pendant deux heures !
Bernard Lavilliers, éternel voyageur, était à L’Olympia pour célébrer avec retard (le COVID !) la sortie (en 2021) de son meilleur album depuis longtemps, « Sous Un Soleil Énorme », enregistré à Buenos Aires. Mais son concert nous emmène aussi au Liban, en Jamaïque, au Brésil et à Cuba, un véritable tour du monde qui démontre surtout qu’à 75 ans, entouré de musiciens exceptionnels, il est toujours un grand pro de la scène, capable aussi bien de danser la salsa que d’interpréter seul en scène avec sa guitare et sa voix chaude, « On the road again », devant une salle totalement à l’écoute.
Suzanne Vega s'est fait connaître dans les années 80 avec "Luka" et est ainsi devenue l'une des premières auteures-compositrices-interprètes populaires de pop folk dont j’ai, à l’époque, abondamment usé les vinyles de ses premiers albums. A l’Olympia, avec seulement sa guitare acoustique et son fidèle compagnon Gerry Leonard à la guitare électrique (oui, le guitariste des 3 derniers albums de David Bowie), elle a enchanté le public (plutôt tendance carte vermeil) avec un répertoire piochant surtout dans les albums de ses débuts. Sa voix douce n’a pas changé après quarante ans, mais le duo a revisité ces morceaux sans les arrangements de l’époque, grâce aux accords puissants du brillant guitariste qui s’est notamment illustré dans la reprise éblouissante de "Walk on the Wild Side", de qui vous savez.
Elton John
Nouveau concert d’Elton John, cette fois à Paris La Défense Arena, dans le cadre de son ultime tournée « Farewell Yellow Brick Road Tour » qui a débuté en 2018 et est prolongée jusqu’en 2023, du fait de la pandémie et des soucis de santé de l’artiste.
Comme en 2019 , Elton John a proposé un show très professionnel, qui manque un peu de folie (il a 75 ans !), en puisant dans sa malle aux trésors des chansons qui ont marqué nos années 70 ‘s, de « Bennie and the Jets », en introduction, à « Goodbye Yellow Brick Road », à la fin du concert. Seul ajout, « Cold Heart » mélange de plusieurs singles d’Elton John (Sacrifice, Rocket Man, …), réalisé avec la chanteuse Dua Lipa qui lui a permis de retrouver en 2021 les sommets des classements britanniques.
Nettement plus en voix qu’il y a 3 ans, assis au piano pendant tout le show, en costume kitsch et pailleté, il a enchanté le public composé à la fois de sexagénaires à « cheveux blancs » et de leurs enfants (probablement bercés dans leur jeunesse par ses sublimes mélodies), qui reprennent en chœur les refrains de plusieurs de ses morceaux. En plus de deux heures de concert, Elton John assure le show avec énergie, intervient sur certains titres, remercie ses musiciens (3 d’entre eux le suivent depuis le début des années 70’s !) et chante avec puissance mais, âge oblige, évite les aigus, devant un mur de vidéos qui déroule des images d'archives de sa vie. Il termine le concert sous une ovation des 30 000 spectateurs et nous quitte en disparaissant progressivement, perché sur une nacelle qui l’entraine derrière la scène.
Peu d’artistes auront autant marqué la musique pop qu’Elton John.
Il repassera par Paris en juin 2023.
Jungle
Concert au Zenith de "Jungle", un duo de musiciens britanniques qui se sont connus à l’école à 9 ans, influencés par le son soul-funk des années 1970. Ils ont publié trois excellents albums, mélange de funk, de soul, d'électro et un soupçon de hip-hop, le tout donnant irrésistiblement envie de danser ! Nous étions probablement les spectateurs les plus âgés de la salle qui s’est levée dès le premier morceau (et donc nous aussi !), pour se trémousser jusqu’au dernier morceau et nous sommes tous sortis fourbus mais avec le sourire aux lèvres !
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