samedi 15 octobre 2022

Clara Haskil, prélude et fugue

Comme chaque année, la nouvelle saison du TAM à Rueil offre la possibilité de découvrir à quinze minutes de la maison, de multiples spectacles variés (19 pour nous cette année), pièces de théâtre, ballets, spectacles de cirque moderne, concerts, humoristes ... + dîner obligatoire dans le restaurant asiatique "Hong Kong Palace", en face du théâtre, dont nous sommes capable de citer la carte dans la voiture (ce soir, je vais choisir B12 !).

Sur l'ensemble de la saison, il est probable que nous regretterons notre choix pour un ou deux spectacles "trop bien vendus" par la jolie responsable de la programmation, lors de la séance de présentation en mai dernier.

Pas grave.

A l'inverse, c'est l'opportunité de découvrir un spectacle qui va nous enthousiasmer et nous parlerons du bonheur de cette découverte dans la voiture en rentrant, heureux de cette bonne soirée (incluant le canard au curry ...). C'est le cas de notre soirée d'hier consacrée à Clara Haskil, célèbre pianiste d'origine roumaine, dont la vie est retracée dans la pièce "Clara Haskil, prélude et fugue" par un duo : Laetitia Casta joue, NON ELLE EST Clara, et à ses côtés, une jeune pianiste, Isil Bengi, interprète plusieurs morceaux (Mozart, Chopin…). Cette évocation commence par sa mort imminente (après une chute dans l'escalier de la gare de Bruxelles) pour remonter à son enfance et suivre sa vie, l'incendie de l'appartement familial, la mort prématurée de son père, son départ à 7 ans pour Vienne, un premier prix au Conservatoire à Paris, une douloureuse scoliose, sa rencontre avec Charlie Chaplin, sur fond de deux guerres ... une vie de douleurs pour cette petite fille précoce, à la gloire tardive, traumatisée par la mort de sa mère qu'elle ne cesse d'appeler.

La performance de Laetitia Casta est exceptionnelle, bouleversante, elle change de tonalité et passe d'un personnage à l'autre avec un total naturel, se déplace avec grâce entre les trois pianos (un petit piano d'enfant, un piano droit d'étude, un piano à queue noir), se tient sculpturale face au public et nous émeut ainsi tout au long de ce spectacle trop court, éternelle petite fille au destin tragique. La mise en scène simple joue sur la division de la scène par de superbes jeux de lumière et quelques ajouts sonores.

Hier soir, nous n'avons pas vu une ancienne mannequin mais une actrice de talent qui n'a pas choisi la facilité et porte ce spectacle avec beaucoup d'énergie. Laetitia Casta se révèle époustouflante en tragédienne.

La salle du TAM, débout, a longuement applaudi le duo.

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