jeudi 21 décembre 2023

La Note

Reconnaissons le, nous avons pris des places pour la pièce "la note" en grande partie pour découvrir Sophie Marceau au théâtre.

Maud est une pianiste très célèbre, Julien est psychanalyste renommé autant que désespéré. Ils ont deux fils, et lorsque le rideau se lève, Julien essaye - et il n'y arrive pas - d'écrire une lettre d'adieu à Maud avant de se pendre. Il allait se pendre sans avoir pu écrire sa note quand Maud arrive à temps pour empêcher le geste fatal. S'ensuit une nuit pendant laquelle, entre le divan et le piano à queue, le couple s'explique avec de grandes phrases. Elle : "Tout le monde attend que sa vie commence avant qu'elle se termine". Lui : "J'ai voulu me donner la mort, mais pas me prendre la vie".

J'ai été séduit par l'interprétation de Sophie Marceau qui sait à la fois exprimer sa vérité (elle n'a plus de désir), de l'émotion (l'usure de son couple) mais aussi être drôle dans certaines répliques "Le plaisir physique c’est… fatigant". Elle est grave et drôle en même temps face à François Berléand qui fait du Berléand c'est-à-dire qu'il est ronchon et râleur et finalement assez effacé.

Mais le texte d'audrey Schebat dont nous avions beaucoup aimé la précédente pièce "La Perruche" est plat, manque de densité et l'humour est un peu convenu. La pièce manque de rythme, évolue peu et finalement on s'ennuie un peu.

Dommage.

mercredi 13 décembre 2023

Perry Blake au Café de la Danse

Perry Blake, était vendredi 24 novembre au Café de la Danse pour son premier concert à Paris depuis 13 ans.

Irlandais né en 1970, il a publié une dizaine d'albums depuis 1997, mélange envoûtant et sombre dans ses cinq premiers albums (les meilleurs) de pop orchestrale, gorgée de cordes et de trip hop. Il compose des mélodies aériennes sous influence du génial Scott Walker (l’électronique en plus) et chante d’une voix de crooner mélancolique aisément reconnaissable. Artiste discret, sa notoriété est confinée à la France, la Suisse et la Belgique. La petite salle était pleine de quarantenaires (comme nous !) qui attendaient ce moment depuis longtemps : il a interprété, accompagné de deux excellents musiciens (clavier, batterie), des morceaux tirés de ses premiers albums comme « Little Boys & Little Girls », « Forgiveness » (une mélodie sombre mais si belle), « We Are Not Stars », « California » (dans une version épurée), « The Hunchback of San Francisco », « Genevieve » , mais aussi deux titres qui figureront dans un album à venir en 2024 : « Let's Fall In Love » et « Death Of A Society Girl » (mon préféré). Je n’ai pas été convaincu par sa reprise de « Goodbye Yellow Brick Road » qui n’apporte rien à l’original.

L’homme, sympathique, intervient entre ses chansons pour évoquer des souvenirs liés à celles-ci et chante avec sa voix en falsetto ses comptines à forte dose de spleen, comme « Anouska (I Want to Come Home) » qui clôt ce concert enchanteur (et trop court).

En sortant rue de Lappe, nous nous sommes dit, à l’unisson : « Mais pourquoi a-t-il aussi peu de succès avec autant de talent ? ».

La Claque

Auguste Levasseur, chef de claque, dirige une troupe de complices, qui, mêlés au public, sont chargés d’applaudir aux moments opportuns. Une pièce applaudie est une pièce à succès, or, à deux heures d’une grande première, Auguste est abandonné par sa claque. Il charge alors Fauvette, musicienne de l’orchestre, et Dugommier, régisseur du théâtre, de trouver des remplaçants pour sauver la représentation du soir. Il ne reste plus qu’une heure trente avant le début de la première pour faire répéter les claqueurs novices en leur interprétant des extraits du spectacle qui ne compte pas moins de cinq actes, quarante musiciens et trente changements de décors ! La tâche est ardue, ils ne sont que trois, et ce soir, leur carrière ne tient plus qu’à une claque !

C’est un spectacle musical original, rythmé, poétique, tendre, et surtout drôle. Les spectateurs du TAM ont été aussi les acteurs ( de leur place ) car ce sont eux qui font « la claque », sous la direction du « chef de claque ». Les trois comédiens sont talentueux, notamment l’auteur et metteur en scène (quel talent !) Fred Radix, un monsieur Loyal plein d’énergie et particulièrement doué. L’ambiance est bon enfant et chaleureuse et le public joue volontiers le jeu.

Un bel hommage au théâtre et un excellent moment de jubilation participative !

Dave Stewart à la Salle Pleyel Sweet Dreams 40th Anniversary Tour »

Chanteur, auteur, musicien, producteur et co-fondateur de Eurythmics (avec Annie Lennox), Dave Stewart (71 ans) s’est lancé en 2023 dans une tournée « Eurythmics Songbook : Sweet Dreams 40th Anniversary Tour », pour faire revivre la musique de ce groupe emblématique des années 80, avec sa combinaison de new wave, de soul et de rock.

À la fin des années 1980, le groupe se sépare et chacun des deux "Ex" entame une carrière en solo, avec beaucoup de succès pour elle et moins pour lui. Pourtant Dave Stewart a publié plusieurs excellents albums sous son nom (il faut écouter les titres « Crown Of Madness » ou « Heart of Stone ») mais il a été aussi un producteur reconnu pour Ringo Starr, Mick Jagger, Bryan Ferry, …

A la salle Pleyel, entouré de huit chanteuses et musiciennes talentueuses (Annie Lennox a mis fin à sa carrière), il a interprété tous les classiques de son groupe ”There Must Be An Angel”, ”The Miracle Of Love”, ”Here Comes The Rain Again”, « Who's That Girl? » et bien évidemment le titre ”Sweet Dreams (Are Made Of This)” qui fête ses 40 ans. C’est notamment avec cette chanson soutenue par une basse rythmique synthétique, que le groupe s’est fait connaître dans le monde entier.

Au sein de son groupe exclusivement féminin (c’est agréable d’être rock star !), sa fille Kaya Stewart chante une partie des morceaux (avec deux autres excellentes chanteuses) mais on retrouve aussi avec plaisir, pour ce concert parisien, Joniece Jamison, une chanteuse américaine qui a accompagné de nombreux artistes (Elton John, Johnny Hallyday, …) pour une reprise très soul de la chanson « Sisters Are Doin' It for Themselves », chantée à l'origine avec Aretha Franklin.

Ce fut un véritable voyage dans le passé parmi les tubes des années 80 (nos trente ans !), la salle ressentant le plaisir du groupe de jouer ces chansons inusables, et le final, avec « Sweet Dreams (Are Made of This) », a mis tout le monde debout !

mardi 12 décembre 2023

Les Liaisons dangereuses

C’est un grand classique de la littérature française déjà plusieurs fois adapté au cinéma et au théâtre.

La marquise de Merteuil sollicite son ancien amant, le vicomte de Valmont, pour lui proposer un défi immoral : elle souhaite se venger d’une ancienne infidélité en corrompant la jeune Cécile de Volanges, en lui ôtant sa virginité avant son mariage avec le comte de Gercourt. Valmont, quant à lui, s’est mis en tête de séduire Madame de Tourvel, une jeune femme mariée et pieuse. Mais les desseins pernicieux des deux complices se révéleront bien plus néfastes qu’ils ne l’imaginaient.

Le metteur en scène Arnaud Denis, dont nous avions beaucoup aimé l’adaptation de "L'important d'être constant » d’Oscar Wilde, propose une version enlevée dans de magnifiques costumes d’époque. L’ensemble des comédiens nous font vivre avec justesse la complexité des personnages, leurs cruelles manipulations et leurs raffinements pervers, qui tissent progressivement un piège inexorable. La mise en scène utilise des jeux de lumière et des clairs obscures pour passer d’une scène à l’autre mais ce qui ressort surtout de ce spectacle très réussi, c’est la beauté et la modernité de l’écriture qui date pourtant du XVIIIème siècle.