samedi 14 décembre 2019

Les Innocents

Les Innocents sont en tournée pour promouvoir leur nouvel album "6 1/2", merveille de chansons pop de style anglo-saxonne (sous influence de "Prefab Sprout", "Crowded House", et ... osons-le Paul McCartney ...) mais chantées en français sur des textes personnels (écoutez "De quoi suis-je mort ?") ou poétiques ("Apache"), aux refrains imparables.
Après leur succès au cours des années 90 ponctuées de nombreux tubes comme "Jodie", 'L'autre Finistère", "Colore", "Fous à lier" ou "Un monde parfait", ayant publié quatre albums au succès inégal et obtenu plusieurs récompenses aux Victoires de la musique, le groupe s'est séparé au début des années 2000.
Les deux principaux compositeurs, Jean-Philippe Nataf et Jean-Christophe Urbain, ont mené des projets en solo (disques, production, ...) qui n'ont pas rencontré beaucoup de succès malgré l'appui des médias pour Nataf (Inrockuptibles), pour finalement se retrouver en 2013 dans une nouvelle version des Innocents. Depuis, ils ont publié deux nouveaux albums dans la même veine que lors de la formule précédente dans lesquels on retrouve les qualités de composition des deux musiciens, l'harmonie des voix et les arrangements élégants, des petites chansons joyeuses et légères qui redonnent le moral.
Trop modestes et presque effacés, ils ne font pas la une des médias ni des réseaux sociaux, ne sont pas en couple avec des top models (grave erreur ...) et ne passent plus sur les radios et, pour compenser la baisse de vente des albums, sont en tournée dans toute la France (180 concerts pour la tournée précédente).
Le concert Salle Pleyel a confirmé les qualités des deux artistes entourés de 3 jeunes musiciens talentueux (batteur, guitariste et clavier), dans une ambiance chaleureuse du public qui reprend en chœur les paroles de "L’autre Finistère", titre emblématique du groupe.
Nous sommes repartis de ce concert avec en tête, pour longtemps, les mélodies addictives de ce groupe attachant !


Addition

Une comédie qui raconte un weekend bien arrosé pendant lequel trois amis, en pleine crise de la quarantaine, vont tout déballer : leurs défauts, leurs jalousies, leurs amours parallèles, leurs coups bas..., le tout est un peu cliché bien entendu !
De bons acteurs, un rythme soutenu, des bonnes idées (une table de ping-pong sur scène, ...) et des répliques drôles mais aussi parfois émouvantes !
Une petite comédie sans prétention, une sorte de "feel good play", que l'on oublie rapidement mais qui fait passer un bon moment.


mercredi 11 décembre 2019

Ballets Jazz de Montréal

Je vais rarement voir un ballet et je n’y connais rien !
C’est donc sur le seul nom de Leonard Cohen que nous avons pris des places pour les « Ballets Jazz de Montréal » qui ont conçu un spectacle unique, en hommage au plus grand artiste canadien connu, mort il y a 3 ans.
Leonard Cohen, chanteur et auteur-compositeur, est pour moi tout simplement le plus grand artiste de musique pop folk, celui que j’ai le plus écouté dans mon adolescence et que j’admire non seulement pour son art, sa voix grave immédiatement reconnaissable, mais aussi pour la façon dont il a mené sa vie, souvent dépressif et mystique, de manière totalement libre (notamment sur la merveilleuse île d’Hydra avec la fameuse Marianne, qui sera sa muse), hors des contraintes du show business (il a arrêté sa carrière au début des années 80 pour 5 ans de méditation dans un monastère bouddhiste), alternant littérature et musique.
Avant sa mort, il avait accordé aux Ballets Jazz de Montréal le droit de s’inspirer de son répertoire pour un programme de chorégraphie dansé par 14 danseurs sur des chansons tirées des cinquante ans de la carrière du grand homme, de « So Long Marianne » à « It Seemed the Better Way », (extraite du dernier album, crépusculaire, paru de son vivant).
Les tableaux s’enchaînent sur les chansons emblématiques de Cohen, en solo, en duo et par l’ensemble de la troupe, avec virtuosité, beaucoup d’énergie et de fluidité, de la poésie et de l’inventivité, fusionnant danse, musique et vidéo, dans une performance saisissante et bouleversante.
Leonard Cohen apparaît ainsi comme toujours vivant, avec sa légendaire silhouette coiffée de son éternel chapeau noir.
Le spectacle est en France jusqu’à mi-décembre.


mardi 10 décembre 2019

La guerre des salamandres

Tiré du roman d'anticipation de Karel Čapek, écrivain tchèque, La Guerre des Salamandres raconte la prise de pouvoir par des salamandres marines géantes sur les humains dans l'île de Tana Masa (Océan Pacifique).
Il faut bien reconnaître que c'est un peu obscure mais en même temps d'actualité car les créatures sont surexploitées par l’homme et le spectateur comprend en filigrane que l'argument de la pièce est à la fois une critique du capitalisme et une prise de conscience des problèmes écologiques, ... en 1936 !
L'ensemble des personnages – une quarantaine – est interprété par seulement 7 comédiens, qui passent d’un personnage à l’autre, changeant constamment de costumes, grâce à une mise en scène inventive et à l'utilisation de nombreux accessoires.
C'est original mais un peu froid et un peu trop intellectuel pour moi !


vendredi 15 novembre 2019

2 euros 20

À qui appartiennent les 2 euros 20 abandonnés sur une petite table dans la maison de vacances où trois couples, amis depuis toujours, se sont réunis ?
Finalement, ce n'est pas vraiment le thème de la pièce puisque le spectateur connaît rapidement la réponse. Le véritable thème de cette comédie est le rapport à l'argent, les règlements de comptes, la réalité de l'amitié.
Une petite comédie agréable jouée par une troupe sympathique et complice.


jeudi 7 novembre 2019

Lisa Stansfield

Lisa Stansfield, l’une des plus grandes voix de R’n’B des années 90, était à l’Olympia mercredi soir pour fêter les 30 ans de la sortie de son premier album « Affection ». La chanteuse britannique s’était fait connaitre au début des années 90 grâce à son méga tube « All Around The World », composé avec son futur mari Ian Devaney, (qu’elle a connu à l'école à 14 ans !) et qu’elle a ensuite repris avec Barry White, son idole.
En 30 ans de carrière, elle n’a publié que 8 albums, mélange de pop, soul et dance, portés par sa voix chaude et puissante tout simplement exceptionnelle, et sur lesquels transparaissent les influences de Marvin Gay, Supremes et Diana Ross.
Pour l’occasion, elle s’est entourée d’un groupe de 8 musiciens (guitares, bongos, flûtes, sax et trompettes) et de 2 choristes qui ont interprété les plus grands tubes de l’album comme « This Is the Right Time » ou « You Can't Deny It », mais aussi certains des classiques issus de ses albums suivants : « The Real Thing », « What Did I Do to You ? », « Never Ever » et « People Hold On », morceau du groupe précurseur de l’électro « Coldcut » dont elle était la chanteuse et qu’elle reprend sur scène à la sauce samba brésilienne.
Lisa Stansfield, artiste complète qui compose une grande partie de ses chansons, sobrement vêtue d'un jean et d’une chemise en soie blanche, taille de guêpe à 53 ans, toujours en mouvement sur scène (sorte de Mick Jagger féminin), pourrait chanter l’annuaire en rythme, grâce à sa voix toujours grandiose et gorgée de soul qui a transporté le public debout de l’Olympia.

https://youtu.be/58RZrargqc8

jeudi 24 octobre 2019

La puce à l’oreille

Depuis de nombreuses années, Feydeau est revenu à la mode, la preuve, deux de ses pièces les plus connues sont à l’affiche à Paris : « La Dame de chez Maxim » mise en scène par Zabou Breitman et « La Puce à l’oreille » par la suissesse Lilo Baur, avec les comédiens du Français.
Dans un décor kitch de chalet en bois, le spectateur assiste à une avalanche d’imbroglios et de chassés-croisés qui vont déferler sur les personnages : une femme inquiète des mœurs de son mari échafaude un plan pour coincer le présumé coupable, un employé d’hôtel parfait sosie de ce dernier, un mari latino jaloux prêt à tirer sur tout ce qui bouge, un client « bête sexuelle » attend une conquête dans sa chambre, un couple de tenanciers cynique et odieux, un neveu souffre d'un rare trouble du langage, des domestiques alcooliques et dépassés, un médecin dragueur impénitent …
Dans une atmosphère déjantée, la seconde partie de la pièce qui se déroule à l’hôtel du Minet galant (tout un programme !) se transforme en foire d’empoigne, quiproquos à foison, retournements de situation et évidemment portes qui claquent et c’est peut-être la seule limite de ce spectacle merveilleusement joué par tous les comédiens, qui ont l’air de prendre du plaisir dans cette folie comique : L’excès de gags et de répliques finissent par lasser un peu !
Après ce déferlement d’énergie, le troisième acte permet au spectateur de reprendre pied, grâce au dénouement heureux pour tous les personnages et à mise en scène toujours inventive, notamment le défilé de skieurs derrière la grande baie vitrée.
Une mécanique comique savamment huilée, un train d’enfer, une scénographie inventive, des acteurs de talent déchaînés, bref, vous l’avez compris, le spectateur s’amuse, … avec quelques réserves !



dimanche 20 octobre 2019

Sting

Sting est en tournée en France pour promouvoir son nouvel album, "My Songs", dans lequel il revisite et modernise des chansons du groupe "Police" et de son répertoire solo.
Victime d'une chute, le chanteur, blessé à l'épaule, a dû se faire remplacer à la basse : "Mais ce n'est pas grave, je peux chanter. The show must go on..."
Sting, âgé de 67 ans mais toujours svelte (pas de « sexe, drogue et rock’n’roll » ), évoque dans un excellent français pour les 20 000 spectateurs de Accor Hotel Arena la période de vache maigre : 1976, dans un petit hôtel de passe près de la gare Saint-Lazare à Paris, il observe depuis la réception le manège des clients et des belles de nuit et c'est ainsi que Roxanne (et non avec un seul n) est née !
Pendant près de deux heures, il chante une vingtaine de titres, dont onze de Police, "Message in a Bottle", "Englishman in New York" (plus funk que l'original), "If You Love Somebody Set Them Free", "Brand New Day" (excellent harmoniciste) , "Fields of Gold", "Shape of My Heart", "Wrapped Around Your Finger" (en version reggae, bof !) , "Walking on the Moon", "Desert Song" (chanson préférée de V.), "Every Breath You Take", "Russians" (rare en concert) et pour terminer l'incontournable "Fragile".
Ce "best of" d'une carrière de 40 ans a permis de vérifier que le chanteur compositeur a toujours su mélanger la pop avec des influences de jazz, de reggae ou de musique berbère par exemple. 
Sa voix unique et puissante est irréprochable, les musiciens et les choristes sont au top et le jeu de lumières est magnifique.
Sting, « englishman » sympathique et jamais blasé, a enchanté Paris !

https://youtu.be/GwC_FHCEO7E

dimanche 13 octobre 2019

Un cœur simple

Tiré d'une nouvelle de Gustave Flaubert, un cœur simple retrace l’histoire d’une servante au XIXe siècle, en Normandie : Isabelle Andréani incarne avec justesse et sobriété les peines et les joies quotidiennes de Félicité, dévouée et fidèle au service de Madame Aubain, une bourgeoise autoritaire, "bonne comme du bon pain" mais toujours digne malgré les malheurs de son existence.
Spectacle touchant grâce à la magnifique interprétation d'une actrice de théâtre pleine d'énergie, intense et bouleversante.


 

lundi 30 septembre 2019

La machine de Turing

Première pièce de la saison au TAM basée sur l'histoire vraie d'Alan Turing, le mathématicien anglais qui a brisé le code secret de l'Enigma allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, permettant de déchiffrer la communication du régime nazi.
Le spectateur est emporté par cette histoire hors du commun, grâce à une mise en scène basée sur une succession de flash-back et de petites scènes qui permet de comprendre progressivement la vie de ce scientifique hors norme, condamné en 1952 à la castration chimique parce qu’il était homosexuel. Il sera réhabilité à titre posthume par la reine Élisabeth II, ... mais seulement en 2013.
Cet excellent spectacle est joué par l'auteur, Benoit Solès, qui incarne avec intensité ce personnage complexe, souvent plein d'humour et par un autre acteur qui incarne avec maestro tous les autres personnages.
C'est intense, rythmé, efficace, émouvant et prenant du début à la fin.




samedi 10 août 2019

Daryl Hall & John Oates à la salle Pleyel

Daryl Hall & John Oates est un groupe américain formé en 1967 qui a connu le succès dans les années 70/80 avec de nombreux titres qui ont été des tubes dans les Top US, comme "Rich Girl", "Kiss on My List", "Private Eyes", "I Can’t Go for That (No Can Do)", "Out of Touch", "Maneater", mais le duo est beaucoup moins populaire en France et c'est dommage !
Auteurs d'une quinzaine d'albums, leur style musical n'a pas beaucoup évolué depuis leur premier succès, "Sara Smile", en 1976, fusion de pop et de soul, mélodies chaleureuses, harmonies vocales et le chant de Daryl Hall (73 ans mais qui en paraît 15 de moins, merci bistouri) sur la majorité des titres, avec sa voix légèrement éraillée.
Depuis le groupe parcourt le monde, mais étrangement n'était pas venu en France depuis 14 ans, avec une setlist en forme de "best of" qui n'oublie aucun des tubes du duo, plus quelques reprises comme "You've Lost That Lovin' Feelin'" (Righteous Brothers).
Un superbe concert (organisé par Live Nation ...) et des hits intemporels qui ont marqué ma jeunesse !

https://youtu.be/iedGlRuYZ1U

jeudi 11 juillet 2019

Rod Stewart à l'AccorHotels Arena

Rod Stewart représente ce que les « vrais rockeurs » détestent, un mélange de jolies blondes, de passion du football et de mauvais goût revendiqué. Le show qu’il a donné à AccorHotels Arena ne pouvait que les renforcer dans leur appréciation : entouré de 6 belles blondes choristes, danseuses et musiciennes, il a livré une prestation très professionnelle, comme à Las Vegas, avec cette voix si particulière qui n’a pas évolué malgré son âge avancé (74 ans), alternant reprises de classiques comme « Having a Party » (Sam Cooke), « Some Guys Have All the Luck » (The Persuaders) ou « I'd Rather Go Blind » (Etat James), tubes des années 70/80 comme « Young Turks », « Tonight I'm Yours », « Tonight's the Night (Gonna Be Alright) » et les incontournables « Baby Jane » et « Da Ya Think I'm Sexy? » de la période disco. Il fait le minimum, change quatre fois de tenues ce qui lui permet de laisser la place à son orchestre aux vestes roses, notamment pour une dispensable reprise de « She Works Hard for the Money », de Donna Summer. Mais l’homme est sympathique et assume parfaitement son choix de vie hédoniste, son bronzage à l’année au soleil de Los Angeles, sa drôle de coiffure hyper oxydée en pétard et peut-être le plus critiquable, un certain manque d’ambition musicale.

https://youtu.be/Wh25JbrAujg

lundi 1 juillet 2019

Tom Jones à la Salle Pleyel

A 79 ans, Tom Jones a enflammé la salle Pleyel pleine à craquer d’anglais (et surtout d’anglaises septuagénaires …) enthousiastes, pendant près de 2 heures : sa voix grave et puissante est toujours là mais la démarche est un peu raide après une récente opération de la hanche (même les stars …).
Après les nombreux succès des années 70, il était retombé dans l’oubli mais le chanteur gallois est revenu sur le devant de la scène à la fin des années 90, grâce à l'album "Reload", qui contient des duos avec Van Morrison, Stereophonics, Robbie Williams and Portishead, et dont était extrait le mega tube «Sex Bomb».
Il est aujourd’hui accompagné de 5 musiciens polyvalents au son chaud blues rock à l’ancienne, pour un concert alternant les classiques parfois réarrangés comme « What's new Pussycat » à la sauce bal musette, « Delilah » un peu trop cool, « It's not Unusual » en version bossa nova mais surtout (ce que j’ai préféré), des reprises de morceaux du répertoire rhythm and blues et soul américain comme  «Burning Hell» (John Lee Hooker), « Run on » (Elvis Presley), « Mama told me not to come » (Randy Newman), « Soul of a Man » (Blind Willie Johnson),  « Cry to Me » (Solomon Burke), « Take my love » (Little Willie John) ou « Strange things » (Sister Rosetta Tharp).
Tom Jones, charmeur et encore svelte, est vraiment impressionnant vocalement et sait mettre le public dans sa poche grâce à de multiples anecdotes issues de ces années de show business. L’homme est sympathique et l’émotion passe notamment sur les quelques balades comme «Green green grass of home».
Après un show très professionnel (il a du métier dans les pattes), le crooner aux yeux bleus termine le concert par sa version techno pop de « Kiss » (Prince), devant une salle debout et conquise.

https://youtu.be/kSzuHnQSqXk

vendredi 21 juin 2019

Elton John à l'AccorHotels Arena

A 72 ans, après 50 ans de carrière, 300 millions d'albums vendus et 5000 concerts, Elton John a décidé de "raccrocher les gants" pour pouvoir se consacrer à sa famille, notamment ses jeunes deux enfants. Il se produit actuellement sur les plus grandes scènes des cinq continents, pour une tournée d'adieux de 3 ans qui a commencé en septembre 2018, avec un groupe de six musiciens dont deux l'accompagnent depuis les années 70 !
Ces concerts sont pour lui l'occasion de piocher dans son répertoire époustouflant, parmi des dizaines de bijoux pop, certains des titres incontournables (il en manque ...) comme « Candle in the Wind », « Your Song », « Sorry Seems to Be the Hardest Word », « Saturday Night », « Funeral for a Friend/Love Lies Bleeding », « Crocodile Rock », « The Bitch Is Back », « Daniel », mais aussi quelques morceaux moins connus comme « Levon » ou « Tiny Dancer » (tirés de l'excellent album "Madman Across the Water"). Le concert commence par les fameuses notes de piano de « Bennie and the Jets » et se termine avec "Goodbye Yellow Brick Road", deux titres de l'album du même nom sorti en 1973 (je l'ai découvert comme beaucoup d'entre nous avec ce double album). Le chanteur qui habite en France sera décoré vendredi de la Légion d'honneur par Emmanuel Macron.
Habillé plus sobrement que dans les années 80 et 90, Elton John a livré pendant 2 h 40 une prestation dynamique et épatante mais sans surprise, devant un écran géant qui projette des animations ou des images d'archives de sa vie, nettement plus en voix que lors de sa dernière venue en France en 2014. Il a toujours du coffre même si comme tous les vieux chanteurs (Paul McCartney, ...), il a perdu des aigus. Pendant le concert, il s'adressera plusieurs fois à l'auditoire de AccorHotels Arena pour évoquer son engagement contre le SIDA (sa fondation a récolté plus de 400 millions de dollars pour soutenir la recherche) et sa gratitude envers son public, toujours fidèle malgré les hauts et les bas (abus d'alcool et de drogues dans les années 80).
Les spectateurs en majorité de la génération "cheveux blancs" et de leurs enfants aisés (les places sont excessivement chères) reprennent en chœur les refrains de plusieurs de ses morceaux et dansent sur les trois morceaux qu'il a enchaînés à un rythme frénétique à la fin du concert : "Crocodile Rock", "I'm Still Standing" et "Saturday Night's Alright for Fighting", sur fond d'images retraçant sa longue carrière. Son énergie est communicative, la salle enthousiaste l'applaudit longtemps et nous sommes partis, les étoiles plein les yeux, en nous demandant qui pouvait le remplacer, non seulement pour son génie musical mais aussi pour sa personnalité attachante, sa générosité envers le public et ses engagements personnels qui le rendent unique et universel.
Il revient en France en octobre 2020.

https://youtu.be/M-nrpUkh9-s

Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce

Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce est un spectacle fait pour les fans d'Edouard Baer, qui l'a monté en quelques semaines et disons-le, "cela se voit !".
En effet, on peut aimer EB, son talent, sa gentillesse, sa bonne éducation, sa verve, ... et trouver que le texte n'est pas suffisamment écrit, sans fil conducteur et que le spectateur finit par se perdre dans une sorte de "best of" de références culturelles et d'hommages aux écrivains et acteurs qui l'ont influencé (Camus, Romain Gary, Malraux, Rochefort, Marielle, ...)
Bien sûr c'est souvent drôle, l'homme est attachant, sympathique et paraît cultivé et certaines répliques font mouche mais cela ne suffit pas à construire un spectacle qui paraît parfois un peu long et au final décevant.

jeudi 20 juin 2019

Mylène Farmer à Paris La Défense Arena

Entraîné par Valérie, nous avons assisté à l'un des 9 concerts de Mylène Farmer à Paris La Défense Arena, la plus grande salle de spectacle fermée d'Europe. Dans un immense décor façon vaisseau spatial constitué d'un écran taille XXXXL et d'estrades ceinturées d'écrans qui se déplacent tout au long du concert et sur lesquels évoluent les musiciens et la troupe de danseurs, Mylène Farmer, dans une combinaison noire signée Jean-Paul Gaultier, descend du plafond sur une sorte de cylindre blanc, dans une vibration sourde et la clameur du public en transe ! Cette entrée en scène donne le ton de ce show spectaculaire doté d'un dispositif de lumières grandioses, disposé dans l'ensemble de la salle, avec notamment des effets de courbes et des illuminations qui se superposent aux projections vidéos qui accompagnent une chorégraphie impressionnante, mais un peu éloignée du spectateur qui n'a pas acheté de billets "carré or" !
Le concert est constitué d'extraits de ses deux derniers albums et de morceaux incontournables, revisités dans des arrangements plus rock, comme "Innamoramento","Am Stram Gram", "Sans contrefaçon", "Pourvu qu'elles soient douces" "Fuck them all" ou "Désenchantée", chansons souvent reprises par la salle qui connaît les paroles par chœur, sans oublier l'indispensable larme, feinte ou non, lorsqu'elle interprète "Ainsi soit je…" dans une formation voix, si caractéristique, et piano.
Le final est impressionnant :  Mylène Farmer gravit la scène qui s'enflamme et disparaît dans le brasier, happée par les flammes, laissant sa cape de crête rouge s'évaporer derrière elle (dixit V.) !
Mais qu'a-t-elle fait pour mériter pareil châtiment ?
Et surtout pour les fans, reviendra-t-elle sur scène ?

mercredi 19 juin 2019

Mademoiselle Julie

Mademoiselle Julie est une pièce dure et cruelle de Stringberg, qui malmène le spectateur, envoûté et fasciné par le drame qui se déroule devant lui, durant la nuit de la Saint Jean, au cours de laquelle une jeune aristocrate, Julie, va chercher à séduire Jean, le valet de son père. Un jeu de séduction inégal qui nous rend voyeur de certaines situations malsaines jusqu'à la scène finale, tragique et bouleversante.
La pièce est portée par deux excellents acteurs que nous avons découverts ce soir-là : Anna Mouglalis, pleine de charme, magnifique perverse à la voix rauque dont l'inconstance finit par émouvoir et Xavier Legrand, malin et lui aussi ambigu qui va se transformer progressivement de victime en manipulateur.
Une pièce toujours actuelle, à la construction implacable, violente mais passionnante.


samedi 8 juin 2019

Guys and Dolls

Créé en 1950, Guys and Dolls est un grand classique de Broadway qui met en scène la confrontation de deux univers, celui des truands new-yorkais et de jeunes missionnaires de l’Armée du Salut.
Comme dans de nombreuses comédies musicales, l'histoire désuète n'est qu'un prétexte pour assister à un spectacle plein de charme, d'humour et de bonne humeur : 15 acteurs et un orchestre chantent et dansent dans un décor plein de couleurs sur des chorégraphies enlevées, dans la plus pure tradition de la comédie musicale américaine. Les costumes d'époque sont impeccables, les voix sont magnifiques, les danseurs et danseuses sont plein d'entrain et de vitalité. Bref un excellent spectacle de plus de deux heures qui donne de l'énergie et fait sortir le spectateur, le sourire aux lèvres !
Et comme dans tout spectacle américain, l'Amour triomphe !





dimanche 2 juin 2019

Roger Hodgson

Même si nous avons déjà assisté à plusieurs de ses concerts, c'est toujours un bonheur de retrouver Roger Hodgson (69 ans), principal compositeur, multi-instrumentiste et voix du groupe Supertramp, qui parcourt le monde depuis une dizaine d'années dans des "petites salles" comme l'Olympia, et interprète, avec un nouveau groupe cette année, des classiques incontournables comme "Take the Long Way Home" (extrait de Breakfast in America), "School" (magnifique intro à l'harmonica), "Breakfast in America" (composé à 19 ans !) , "The Logical Song" (le tube de 1979), "Child of Vision" (une merveille), "Dreamer" (titre qui a fait se lever les 2000 spectateurs "tendance cheveux blancs" de la salle), la suite "Fool's Ouverture" et en rappel  "Give a Little Bit" et "It's Raining Again". Mais, comme chaque année, il reprend aussi des morceaux moins connus comme "Easy Does It" ou "A Soapbox Opera" (deux morceaux tirés du meilleur album de Supertramp " Crisis? What Crisis?") ou "Even in the Quietest Moments" (seul à la guitare).
Il recevra mardi les insignes de chevalier des Arts et des Lettres et chante à guichet fermé pendant 5 jours à l'Olympia, dans le cadre de la tournée  "Breakfast in America 40th Anniversary World Tour" 17 chansons dont 14 de son ancien groupe (dont il n'a pas le droit d'utiliser le nom, résultat d'un conflit avec l'autre leader du groupe, Rick Davies !) et 3 morceaux de ses albums solo qui sont dans la lignée de ses compositions pour Supertramp, notamment 'Had a Dream". L'homme est toujours aussi sympathique, parle avec le public et semble prendre un réel plaisir d'interpréter ces morceaux qui ont bercé notre adolescence, tout en ayant conservé sa voix aiguë, magique et immédiatement reconnaissable.
Et bonheur supplémentaire, nous étions accompagnés de notre dernière fille Églantine qui, après avoir découvert la pop des Beatles qu'elle connait aujourd'hui mieux que moi, puis la musique psychédélique de Pink Floyd, écoute à fond de ballon dans sa chambre d'adolescente les morceaux du "superclochard".
Merci à Léopoldine GB et Live Nation de nous avoir offert deux heures de concert inoubliables.











https://youtu.be/56aZvgHjNkI

vendredi 26 avril 2019

Fanny et Alexandre

Après "les Damnés", bouleversante adaptation du film de Visconti par Ivo van Hove que nous avions vue en 2017, la Comédie Française s'inspire du dernier film de Ingmar Bergman, "Fanny et Alexandre", sorti en 1982, pour proposer une véritable leçon de théâtre. Cette oeuvre testamentaire du grand cinéaste suédois est une fresque sur la vie d’une troupe de théâtre familiale, les Ekdhal, dirigée par Oscar dont la mort précipitée va conduire son épouse, Émilie, à s'unir à un très austère évêque dont la violence sanguinaire va bouleverser la vie de ses deux enfants, Fanny et Alexandre.
Dans ce spectacle brillant, le spectateur va passer d'un univers à l'autre, la réalité et le théâtre (une mise en abyme dirait ma fille Églantine), de la drôlerie au tragique, grâce à une scénographie intelligente, jouant sur l'ambiguïté du décor, qui semble mélanger le rêve, le cauchemar et la vie.
La pièce aborde les thème du couple, de la famille, de la mort et de l'innocence de la jeunesse, mais on comprend surtout que c'est une ode au théâtre que veut évoquer Bergman (et la metteur en scène Julie Deliquet), et qui donc mieux que la Comédie Française pouvait nous faire partager cet hommage à la magie des "arts de la scène", grâce à l'extraordinaire jeu de l'ensemble de la troupe de 20 comédiens-français (impossible de tous les citer), virtuoses dans leur art, qui ne semblent pas jouer un rôle mais vivre leur vie devant nous, simples spectateurs qui ressortent éblouis d'avoir eu le privilège d'assister à un grand moment de théâtre.


mercredi 24 avril 2019

Douce amer

C'est une pièce de Jean Poiret qui dépeint l'usure d'un couple dans les années 70 : Élisabeth (Mélanie Doutey) quitte son mari Philippe (Michel Fau) et séduit (chastement) trois prétendants très différents qui "combleront" sa solitude.
Le texte est intelligent mais un peu bavard : les dialogues sont savoureux (des "bons mots" à la pelle) souvent plein d'ironie mais très datés, dans la pure tradition du boulevard de l'époque.  Les deux acteurs principaux sont excellents (du charme et un peu de cabotinage) mais le reste de la distribution est moyen (surtout le "jeune").
Bref un spectacle sympathique mais vite oublié !


Le gros diamant du prince Lu

L'équipe des "Faux British" propose un nouveau spectacle, dans la même veine loufoque, qui raconte un braquage de banque mené par de vrais bras cassés dans l'Amérique des années 50 : sous fond de musiciens live, le spectateur suit des matons pas futés, des taulards en cavale, un pickpocket trop honnête, une amoureuse peu fidèle, un banquier colérique, ....
C'est drôle (après une demi heure), les acteurs sont sympathiques mais la mise en scène est parfois "cafouilleuse" (peut-être parce que la distribution est en alternance), l'humour est très basique et "téléphoné" et l'ensemble est surjoué (pour compenser la pauvreté du texte ?).
Un Molière pour cela !



mercredi 10 avril 2019

Le jeu de l'amour et du hasard

Voilà vraiment une de nos meilleures soirées de théâtre de l'année : Le thème de la pièce de Marivaux est connu : deux jeunes gens qui doivent se marier mais ne se connaissent pas, inventent un stratagème, troquer leurs habits de maîtres contre ceux des domestiques, pour se connaître sans être reconnus !
Tout s'est conjugué pour que le public, attentif, assiste à une représentation enthousiasmante et, de plus, particulièrement émouvante dans les dernières scènes.
Le décor qui représente le jardin d'un hôtel particulier sous les fenêtres du salon de musique, où joue une violoncelliste, laisse bien en vue le cadre de la scène et les coulisses du plateau imposant de la grande scène du TAM.
Les costumes sont élégants et bien coupés (dixit V., meilleure spécialiste que moi).
La mise en scène classique sans effets ni innovations technologiques, est rythmée et cherche avant tout à mettre en évidence le jeu des acteurs.
Et justement, la distribution est éblouissante, les couples se complètent aussi bien dans les rôles des maîtres Silvia et Dorante que dans les rôles des valets Lisette et Arlequin. Les autres rôles, le père et le frère sont justes. Mais il faut plus particulièrement signaler Laure Calamy (Lisette) irrésistible de drôlerie, Clotilde Hesme (Silvia) remarquable comédienne pleine de charme à la fois aristocratique et émouvante et Vincent Dedienne (Arlequin), très attendu (j'ai compris que c'est une vedette de la télé !),  qui apparaît comme une sorte de clown, toujours en mouvement, et créé tout de suite une complicité avec le public.
Le TAM a fait un triomphe à l'ensemble des acteurs (c'est rare) et nous sommes partis en nous disant que si la pièce dure près de deux heures, ....... on ne voit pas une minute passer !


lundi 8 avril 2019

ADA/AVA

ADA/AVA est un ovni dans le monde du spectacle vivant : une troupe de Chicago a créé un dispositif volontairement artisanal qui mêle théâtre d’ombres, marionnettes et musique en direct, narrant, sans parole, l'histoire de sœurs jumelles inséparables. La troupe de "Manual Cinema" utilise des moyens qu’on pourrait qualifier de "vintage" : rétroprojecteurs, films transparents, marionnettes articulées, musique jouée en direct comme au temps du cinéma muet, et 2 comédiennes qui incarnent les ombres d’Ada et Ava. Les membres de la compagnie déposent, retirent, superposent les transparents et les silhouettes de papier sur les rétroprojecteurs, dans une sorte de ballet parfaitement mis en place.
C'est émouvant, tendre, onirique et la frontière entre imaginaire et réalité est volontairement difficile à percevoir.
Ce spectacle est bluffant.


Le malade imaginaire

Le Malade Imaginaire est une des pièces mythiques de Molière et Daniel Auteuil a choisi de mettre en scène lui-même la comédie et d'interpréter, malicieux, émouvant et comme toujours avec talent, Argan. Dans une mise en scène sobre (trop ?) et dynamique, les acteurs tous attachants, mettent en valeur le génie comique de Molière (signalons cependant que certains comédiens avaient parfois un problème de diction).
J'ai beaucoup aimé ce spectacle sans artifice, traité comme une farce, qui m'a fait beaucoup rire (mais ce n'est pas le cas de toute l'équipe présente ce soir), touché par l'humanité et le manque d'amour de ce "malade imaginaire".
Enfin, il faut retenir le nom d'Aurore Auteuil tout simplement excellente dans son rôle de Toinette.


jeudi 21 mars 2019

Le jardin d'Alphonse

Une famille et des amis proche se réunissent après la disparition du vieil Alphonse : l'occasion de déballer les non-dits, les interrogations et les ressentiments anciens, dans une ambiance de jeu des quatre vérités !
C'est une comédie de boulevard pétillante de Didier Caron (aussi auteur de "Fausse note", voir plus haut), souvent drôle et parfois émouvante. La distribution est impeccable, même si il s'agit souvent de caricatures mais le spectateur rit de bon cœur, en particulier devant le personnage campé par Karina Marimon qui assure aussi la mise en scène.
Une pièce divertissante, probablement vite oubliée !


12 hommes en colère

Il s'agit bien entendu de l'adaptation au théâtre du film de Sydney Lumet (1957) : le spectateur assiste aux délibérations d'un jury chargé de juger un jeune homme de 16 ans accusé de parricide. Pour onze d’entre eux sa culpabilité est évidente, mais un juré va émettre des doutes...
Cette pièce est une totale réussite grâce à la qualité des acteurs, souvent éblouissants : Chacun interprète avec brio sa propre personnalité et les vrais natures, les différences culturelles vont apparaître progressivement (c'est forcément un peu caricatural). La mise en scène est nerveuse, l'interprétation rapide et les retournements sont parfois violents, dans un décor simple qui concentre l'attention sur le drame qui se joue (la vie d'un homme). Le spectateur sort médusé, même s'il connaît déjà le dénouement avant la fin.
Courrez-y !

dimanche 17 mars 2019

La guerre des roses

Adaptée du film de Danny DeVito avec Michael Douglas et Kathleen Turner, la guerre des roses est une comédie féroce sur la descente aux enfers d'un couple en instance de divorce devant des spectateurs, témoins de la mesquinerie et de la haine entre les deux époux.
Comment deux acteurs (Mathilda May et Pascal Demolon) ont-ils pu se lancer dans une aventure aussi ratée ? Une mise en scène plate, un texte du niveau d'un adolescent, des situations grotesques (le mari montre ses fesses) et juste quelques sourires pour égayer les 1h30 de ce pensum !


vendredi 22 février 2019

Tears for Fears

Le groupe Tears For Fears était ce jeudi soir à l’AccorHotels Arena pour un concert en forme de "best of" en promotion de leur nouvel album "The Greatest Hits" !
Le groupe formé de Curt Smith et Roland Orzabal, deux fantastiques mélodistes, a connu ses heures de gloire pendant la décennie 80 puis s'est séparé après 4 albums pour se retrouver en 2004 et publier depuis 2 nouveaux 33 tours (!).
Tout le monde connait plusieurs de leurs perles pop comme "Everybody wants to rule the world" (la chanson phare du groupe), "Mad World" (popularisée au début 2000 par Gary Jules), "Shout"(l'un des plus grands hits des années 1980), "Advice for the Young at Heart" (une de mes chansons préférées de TFF), "Woman in Chains" (interprété avec la chanteuse Oleta Adams) ou cet hommage aux Beatles période Sgt. Pepper's "Sowing The Seeds of Love" (voir la vidéo).
Les deux anglais, qui n'étaient pas venus en France depuis 14 ans, ont aligné les hits très "années 80" reprenant fidèlement l'orchestration de l'époque grâce à une formation solide, la présence de leur choriste Carina Round impressionnante sur "Badman's Song" et leurs voix toujours puissantes et intactes malgré leur 57 ans. C'est probablement la limite de ce concert trop fidèle aux chansons originales et qui sera repris note pour note le lendemain dans un autre pays d'Europe, mis à part quelques mots en français de Roland Orzabal dont le père est français : "nous sommes très contents d’être ici ce soir", on s'en doute !
Le fans français et anglais (de Paris) en grande partie de la même génération ont repris en chœur les morceaux dans un Bercy comble mais frustré par un show trop court, seulement 15 titres (dont une reprise “Creep” de Radiohead), un rappel (le monumental “Shout”) et 1h30 sur scène !
Seule consolation, un nouvel album est annoncé prochainement !

https://youtu.be/L38wwC1PtfQ

mardi 19 février 2019

Fausse note

Un admirateur s'introduit dans la loge d'un célèbre chef d’orchestre, le prend en otage et ... (je ne veux pas révéler le motif de sa venue !)
Cette pièce, créée à Avignon en 2017, écrite et mise en scène par Didier Caron, directeur du Théâtre Michel, aborde les thèmes de la culpabilité, de la vengeance, de la manipulation et du pardon. C'est un duo de comédiens, Christophe Malavoy, machiavélique, et Tom Novembre, suffisant puis humilié, qui s'affrontent comme dans un ring de boxe sur une scène sans décor, sur fond de thriller.
Mais le texte est trop long, le spectateur s’ennuie légèrement et l'ensemble tourne un peu en rond, malgré des retournements de situation et deux acteurs bien dans leur rôle. Il n'y a finalement que le dénouement final qui surprend réellement.
Un problème de rythme qui ne semble pas partagé par la salle du TAM, enthousiaste.


lundi 11 février 2019

Lorenzaccio

Je vais rarement voir un ballet de danse moderne et encore moins un spectacle qui associe le théâtre, la danse, l'image et la musique électro !
L'ambition de cette "expérience artistique" est de lier le langage du corps et les mots de Musset. Pas facile de suivre en même temps le texte rempli de références poétiques, historiques et dramatiques (il s'agit bien entendu simplement d'extraits de la pièce) joué par les "danseurs-comédiens" et d'être envoûté par la qualité de la chorégraphie !
Mais la virtuosité des onze danseurs de la compagnie de Pietragalla “Le Théâtre du corps”, sur fond de musique électro tendance techno m'a beaucoup plu (je ne suis pas certain d'avoir saisi le lien entre le texte et l'interprétation ...) et la scénographie fluide de la montée du drame sur une scène sombre derrière laquelle sont projetés de superbes images à dominante rouge carmin m'a ébloui.
Un spectacle ambitieux, original, surprenant.


samedi 9 février 2019

Blond Blond Blond

Il y a eu de nombreux spectacles qui revisitent des chansons françaises à la sauce classique (le Quatuor) ou parodique (Chanson Plus Bifluorée, Les Goguettes).
Cet "Homaj" à la chanson française est écrit, joué et chanté par trois artistes suédois (sont-ils vraiment frères et sœurs ?) à l’accent scandinave prononcé, aux jolies voix et à la créativité "sans limites".
C'est loufoque, original et modérément drôle (essentiellement grâce aux jeux de mots sur les deux langues françaises et suédoise). Ce spectacle qui dégage une impression de fraîcheur reste inégal : certaines scénettes bien écrites sont vraiment drôles ("Comic strip", "L'été indien", l'image de la Suède) et d'autres tombent à plat.
Difficile de comprendre l'engouement d'une partie de la salle !


jeudi 7 février 2019

Intra muros

Après "le porteur d'histoire"et "Edmond", Alexis Michalik a encore frappé et propose à nouveau un spectacle enchanteur, original, émouvant, drôle, poétique, mêlant avec maestro le présent et les flash-back, le vrai et le faux, sur une intrigue rocambolesque dans laquelle le spectateur se perd dans des rebondissements qui s’entremêlent, ... pour finalement reprendre pied. On est transporté dans l'univers carcéral et judiciaire (impossible de résumer l'histoire), à un rythme effréné, la mise en scène millimétrée, sans décors, nous emporte comme dans un ballet grâce à des comédiens toujours dans le mouvement et à la présence d'un musicien-bruiteur sur la scène qui créé une bande-son avec une touche cinématographique très réussie. La troupe de grand talent passe instantanément d'une scène à l'autre et d'un rôle à un autre, change de costumes devant les spectateurs qui découvrent progressivement les liens qui unissent secrètement chacun des personnages.
Une pièce captivante, ... chapeau bas Monsieur MICHALIK.



lundi 4 février 2019

La cage aux folles

La comédie culte de Jean Poiret est remise au gout du jour par Jean Luc Revol dans une production de la Maison de la Culture de Nevers. C'est totalement raté : malheureusement tout le monde n'a pas la puissance comique de Michel Serrault ! Par chance, nous avons réussi à nous éclipser au bout de 45 mn grâce à un incident technique sur le plateau, providentiel !


dimanche 3 février 2019

Réparer les vivants

Adaptée du roman de de Maylis de Kerangal, cette pièce intense raconte les 24 heures qui vont aboutir à la transplantation d'un cœur.
Le récit passe d'un personnage à l'autre (parents, personnel hospitalier, proches), tous interprétés avec une grande justesse par un seul acteur, Thomas Germaine. C'est bien entendu émouvant, parfois drôle, dans une mise en scène sans décor, froide et mécanique, qui donne une vision forte de toute la chaîne à mettre en oeuvre pour "réparer des vivants ".
Une réussite totale.


vendredi 25 janvier 2019

Jane Birkin "Gainsbourg symphonique"

Accompagnée par l’Orchestre Lamoureux, Jane Birkin, touchante et fragile, la démarche gauche, élégante en smoking noir et basket, revisite les mélodies de Serge Gainsbourg, ré-arrangées par le pianiste japonais Nobuyuki Nakajima : Elle chante de sa voix fluette des chansons intemporelles comme "Baby Alone in Babylone"(sur un thème de Brahms), "Valse de Melody" (tiré du sublime album "Histoire de Melody Nelson"), "Amours des feintes", "Pull marine" (chantée originalement par Isabelle Adjani) "Jane B" (son premier succès en 1968), "l'Anamour" (créée pour Françoise Hardy), "La Gadoue" (reprise de Petula Clark) et en rappel l'incontournable "Javanaise".
Ce concert, est l’hommage de Jane Birkin à son pygmalion : « Un soir comme ce soir avec vous tous ici, je sais qu’il aurait été ému aux larmes. »
Bien sûr on peut relever que son mince filet de voix est parfois brinquebalant, qu'elle est mal à l'aise sur scène et qu'elle s'adresse peu au public, mais c'est justement son charme auquel s'ajoute son accent anglais immédiatement reconnaissable. L'ensemble de la salle, jeunes (comme Valérie et moi) et moins jeunes, l'applaudit chaleureusement à chacune de la vingtaine de chansons qu'elle a interprétées et, à travers elle, nous étions aussi là, émus, pour célébrer le génie de Gainsbourg et peut-être aussi le couple mythique qu'ils ont formé dans les années 70.
Un spectacle magnifique, ... spontanément, la salle s’est levée pour l’ovationner.

https://youtu.be/ptl3KepJBns


jeudi 24 janvier 2019

Visites à Mister Green

Cette pièce écrite par le New-yorkais Jeff Baron a été jouée dans le monde entier et adaptée en France en 2002, avec comme acteur principal Philippe Clay. En 2014, elle a été adaptée à nouveau (le texte ayant été remodelé par l'auteur) par le second acteur, Thomas Joussier, qui cette fois met en scène et joue à nouveau un des deux personnages.
Mister Green est un vieil homme irascible, qui refuse toute aide et toute compagnie, depuis la mort de son épouse, lorsque Ross, jeune cadre chez American Express, se présente chez lui sans y être invité... La partie semble très mal engagée mais les deux hommes vont apprendre à se connaître et découvrir des situations cachées qui les opposent mais qui finalement vont les rapprocher.
C'est une excellente pièce sur la tolérance, une histoire d'amitié entre deux personnages terriblement seuls chacun à leur manière. Les deux comédiens, Jacques Baudet et Thomas Joussier, sont justes et particulièrement émouvants (difficile de ne pas verser une larme à la fin), le décor et les jeux de lumière sont soignés, la musique souvent nostalgique est en adéquation avec les situations et le texte est subtil et souvent drôle (il y a des longueurs au début mais les multiples rebondissements relancent l'intérêt du spectateur, jusqu'au dénouement final ...).
Une pièce pleine d'émotions et d'humanité qui nous fait aussi sourire et réfléchir,
... n'est-ce pas la meilleure définition d'un grand moment de théâtre ?

mardi 22 janvier 2019

C'est encore mieux l'après-midi

Une comédie de Ray Cooney, auteur anglais de nombreuses pièces de théâtre à succès, comme "espèces menacées". Dans un hôtel proche de l’Assemblé Nationale, un célèbre député se prépare à un après-midi coquin avec la secrétaire du premier ministre, mais la présence de sa femme dans le même hôtel et la maladresse de son assistant vont déchaîner les catastrophes !
Du pur vaudeville, les portes claquent et les réparties aussi : le public rit beaucoup grâce à l'abattage des acteurs qui ne font pas dans la dentelle ! Sébastien Castro, l'assistant, est irrésistible et le rythme impressionnant empêche de se poser des questions sur l'absurdité de certaines scènes.
C'est du boulevard qu'il faut assumer pleinement et rire sans honte !


Le Lauréat

Tout le monde connaît l'histoire de Benjamin Braddock séduit lors d'une soirée par Mrs Robinson, une amie de sa famille, alcoolique et deux fois plus âgée. Le pièce de théâtre est donc l’adaptation de ce chef-d’œuvre du cinéma qui a fait connaître Dustin Offman.
J'ai beaucoup aimé la pièce à la mise en scène intelligente grâce à l'utilisation d'un plateau tournant et de vidéos qui donnent du rythme, à des comédiens talentueux, notamment Arthur Fenwick, toujours juste et naturel (et Anne Parillaud toujours séduisante...) et à la musique qui reprend les thèmes originaux de Simon & Garfunkel.
C'est souvent drôle, grâce à des dialogues souvent percutants, et touchant notamment lors des scènes entre la mère et sa fille, devenues rivales ...
Une pièce menée tambours battants ... et une excellente soirée.



mardi 8 janvier 2019

Christine and the Queens

Nous avons assisté au second concert de Christine and The Queens à l’AccorHotels Arena qui était retransmis en direct sur une chaîne du câble, dans le cadre de sa tournée en France mais aussi en Europe (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Suède, Angleterre), pour promouvoir son second album "Chris".
Au risque de me faire huer par ses nombreux fans, je n'ai pas beaucoup aimé ce concert dont la mise en scène dépouillée manquait d'impact dans l'immense salle de Bercy. Pour moi, Héloïse Letissier est une formidable performeuse, chantant et dansant en même temps avec sa troupe, mais elle devrait s'entourer de compositeurs capables de lui offrir de bonnes chansons (comme "Christine" ou "Comme si on s'aimait" ou "5 dollars").
Dans une scène minimaliste, devant simplement une immense toile représentant un paysage de montagne ou une mer déchaînée, sous des jeux de lumières réduits et parfois insuffisants (d'autant plus que la salle est restée en partie allumée), les chorégraphies contemporaines sont impeccables mais l'ensemble du concert reste froid et manque d'émotion, mise à part la dernière chanson "Intranquillité" où elle traverse la fosse et se mêle au public ou sa superbe interprétation des "Paradis perdus" (j'aurais aimé qu'elle interprète sa sublime version de "Osez Joséphine", à voir sur YouTube).
Un concert qui manque d'étincelles et de chaleur humaine, mais ce n'est probablement pas l'avis de la majorité des spectateurs (et encore moins de Valérie, fan hardcore).
Voir la vidéo de "Christine" qui reprend la fameuse chorégraphie du clip.

https://youtu.be/J5-vBnrPEp8