Jacques et Thomas Dutronc ont mêlé voix et répertoires à l’ACCOR ARENA, mercredi soir, lors du dernier concert de leur tournée « Dutronc & Dutronc », un événement réunissant toutes les générations (la moitié de cheveux blancs !), une soirée pleine d’émotion, avec, en toile de fond, l’image de Françoise Hardy, évoquée plusieurs fois par le père et le fils.
Durant près de deux heures, ils vont interpréter tous les succès de Jacques « et moi et moi et moi » en introduction, «J’aime les filles», «Les cactus», «L’opportuniste», « Fais pas ci, fait pas ça », « Les playboys », «Il est cinq heures, Paris s'éveille » mais aussi d’excellents titres de Thomas comme « J'aime plus Paris », « Aragon » ou « Sésame ». L’occasion de découvrir la ressemblance troublante de la voix des deux Dutronc mais aussi qu’à près de 80 ans, Jacques Dutronc est encore très en voix, juste, et surtout très drôle.
Les musiciens sont des pointures, notamment Fred Chapellier à la guitare, dans le style blues-rock, qui s’illustre sur « Le temps de l’amour » (succès de Françoise Hardy), en instrumental façon Shadows.
Dans un décor de bar d’un studio d’enregistrement, avec guitares accrochées au mur, la complicité des Dutronc, père en blouson de cuir, ses inévitables lunettes de soleil sur le nez, et fils, guitare en bandoulière, est évidente, pour le grand plaisir des spectateurs de Bercy, plein à craquer.
Merci les Dutronc !
Crac, Boum, Hue !
mercredi 21 décembre 2022
vendredi 16 décembre 2022
Une situation délicate
Nicolas (Max Boublil), très amoureux de Julie (Élodie Navarre), rêve de l’épouser. Touchée par cet amour fou, elle décide de rompre avec son amant Philippe (Gérard Darmon), de 20 ans son aîné et marié à Marianne (Clotilde Courau). Elle doit rencontrer une dernière fois Philippe chez lui et fait croire à Nicolas qu’elle se rend chez ses parents. Il va secrètement la suivre. Malentendus, quiproquos se succèdent ! La catastrophe n’est jamais loin et tous vont se retrouver dans une situation très… délicate !
Un spectacle de boulevard basé sur des quiproquos très bien ficelés qui remplit son contrat, c'est à dire divertir et divertir !
Dans un beau décor de maison de campagne, les quatre acteurs sont tous formidables, avec mention spéciale pour Gérard Darmon irresistible dans le rôle du vieux séducteur et Clothilde Coureau rayonnante dans le personnage d’une bourgeoise déterminée et totalement déjantée. C'est drôle, rapide avec de nombreux rebondissements.
Le public en ressort réjoui, sourire aux lèvres.
jeudi 15 décembre 2022
La course des géants
Nouvelle pièce de Mélody Mourey, après son précédent spectacle LES CRAPAUDS FOUS (3 nominations aux Molières 2019) que nous avions beaucoup aimé.
Jack Mancini, orphelin de père et élevé par une mère toxicomane dans le Chicago des années 1950, s’est résigné alors qu’il a le potentiel pour intégrer la NASA et devenir astronaute. Entre les deals de drogue et son travail dans la pizzeria de son oncle, le petit prodige est repéré par un prof de fac qui croit en lui et va le motiver avant qu’un drame ne survienne...
Melody Mourey confirme son talent à mêler grande et petite (et fictive) histoire. Elle nous conte cette fois la conquête spatiale - de Spoutnik au projet Mercury, en passant par la mission ratée d’Apollo 13 - et surtout une certaine idée de l’Amérique. Six acteurs multicartes alternent les rôles à un rythme d’enfer : changements de décors, de costumes, de personnalités, de voix, d’accents… Tout cela va vite (on pense à Alexis Michalik) et emprunte à la mise en scène de cinéma : les scènes sont courtes, sans temps mort, parfois dansantes, avec des changements fluides de décor (minimaliste). La richesse visuelle vient des vidéos projetées en fond et sur les côtés de la scène. Une façon efficace et souvent poétique de plonger dans un parcours de vie enthousiasmant et hors du commun.
Un formidable moment de théâtre !
Un formidable moment de théâtre !
Starmania
Excellente soirée hier soir à la Seine Musicale pour la nouvelle version de Starmania, l’opéra rock de Michel Berger sur un livret de Luc Plamondon (présent dans la salle), non seulement pour les tubes que tout le monde connait (Quand on arrive en ville, Le Blues du Businessman, Le Monde est stone, Les uns contre les autres, SOS d’un terrien en détresse, Besoin d’amour…), joués en live par des musiciens répartis de chaque côté de la scène dans une production plus rock et actuelle et interprétés par un nouveau casting, des jeunes inconnus de talent, mais aussi pour les superbes jeux de lumière, les décors grandioses en mouvement sur la scène, les effets de pyrotechnie, les nombreuses trouvailles de mise en scène imaginées par Thomas Joly (la multitude de Ziggy en perruque bouclée blonde, les images retransmises des coulisses où sur se réfugient Cristal et Johnny Rockfort, …) et enfin pour les thèmes très sombres de 1979 toujours d’actualité en 2022 (la déshumanisation des grandes villes, la lutte pour le pouvoir, l’environnement, la course à la célébrité, l’homosexualité, …).
Après un court rappel (voir la vidéo), le public debout a ovationné l’ensemble de la troupe.
Après un court rappel (voir la vidéo), le public debout a ovationné l’ensemble de la troupe.
mardi 6 décembre 2022
Ballets Malandain : "L'Oiseau de feu" et "Le Sacre du printemps" de Stravinski
Mêlant grâce, puissance et virtuosité, les 22 danseurs du Malandain Ballet Biarritz nous offrent deux chef-d ’œuvres de Stravinski.
Déployant une danse pure et délicate, Thierry Malandain a conçu sa version de « L’Oiseau de feu » comme un symbole de ce qui relie le ciel et la terre, un passeur de lumière porteur d’espoir. Entre spiritualité et sensualité, il dépeint une fresque remplie d’humanité et d’émotions qui met en scène des corps dansants transcendés par les costumes éblouissants de Jorge Gallardo.
Pour « Le Sacre du printemps », le jeune chorégraphe Martin Harriague – artiste associé au Malandain Ballet Biarritz – s’est emparé de la force tellurique de Vaslav Nijinski, qui créa le scandale lors de la première en 1913. S’appuyant sur une gestuelle primitive, à la fois explosive et terrienne, il transforme l’esprit sacrificiel du rite païen en un hymne à la nature qui meurt et se renouvelle sans cesse, une allégorie du vivant qui s’élève vers la lumière.
Mené par 22 danseurs exceptionnels, ce programme révèle à nouveau le talent de chorégraphes qui ont en commun le sens de la dramaturgie et la fascination des corps, transportés par une musique à l’expressivité éclatante.
Présentation du TAM !
Présentation du TAM !
samedi 3 décembre 2022
Blizzard
Dans la lignée du Cirque du Soleil, la nouvelle génération de cirque canadien est toujours aussi impressionnante : ainsi la compagnie "FLIP Fabrique" nous entraîne dans leur univers spectaculaire où l’hiver a tout envahi : les huit acrobates exceptionnels, accompagnées d'un piano, guitare et banjo en live, rivalisent d’agilité mais aussi d'humour et les prouesses techniques s’enchaînent dans un tourbillon d’énergie, de virtuosité et d’émotions : trampoline, portés, jonglage, corde à sauter géante… Autant d’occasions de vibrer avec eux !
samedi 19 novembre 2022
Toute l'histoire de la peinture en moins de deux heures
Hector Obalk fait un stand'up pédagogique et spectaculaire sur l'histoire de la peinture depuis Giotto, accompagné d'un musicien et d'images en très haute définition. Sur scène, Hector Olbak évolue devant un immense écran et décrypte sur le ton de l'humour les œuvres majeures de l’histoire de la peinture, des primitifs italiens à l’impressionnisme, de Giotto à Yves Klein. L' intérêt est notamment qu'il révéle les détails des œuvres commentées de manière très pédagogique. Ce spectacle anticonformiste ne devrait pas plaire aux historiens de l'art !
Par le bout du nez
Alors qu'il doit prononcer son discours d'investiture, le tout nouveau président de la République est pris d'une absurde démangeaison nasale. Incapable de prendre la parole en public sans se ridiculiser, il est contraint de rencontrer un célèbre psychiatre.
2 acteurs excellents certes mais une pièce plate, c'est monotone, on attend un rebondissement qui n'arrive jamais, l'humour est lourd ("il fait popo") ou facile ("nous nous levons tous pour Danette"), c'est long (!) mais il faut reconnaître que la salle riait beaucoup. Cette pièce des auteurs de "Le Prénom", de "Un dîner d'adieu" et de "Tout ce que vous voulez" décoit beaucoup.
dimanche 6 novembre 2022
Simply Red
Nouveau concert de Simply Red dimanche dernier, repoussé de 2 années à cause du méchant virus !
Mick Hucknall, le chanteur de Simply Red doté d'une voix d'or, a offert au Zenith un show professionnel (peut-être trop ?), proche de celui de 2015, c’est-à-dire un début de concert où il interprète ses chansons « down tempo » comme « You've Got It », “So Not Over You”, “Say You Love Me », « You Make Me Feel Brand New » (une reprise des Stylistics) et bien entendu l’incontournable « Holding Back the Years » (composé à 16 ans à la suite du départ de sa mère du foyer familial) et progressivement, il enchaîne ses standards pop-soul qui ont instantanément fait se lever l’ensemble des spectateurs : « A New Flame », « Your Mirror », « It's Only Love Doing Its Thing », « Come to My Aid », « Stars », « Sunrise », « Something Got Me Started » et « Fairground », au rythme brésilien. En rappel une nouvelle chanson un peu faible « Better with you” et deux reprises « Money's Too Tight (To Mention) » et « If You Don't Know Me by Now » qui clorent la plupart de ses concerts.
Les interventions du chanteur sont chaleureuses et pleines d’humour, le groupe en partie renouvelé (mais pas les 2 guitaristes) est à l’unisson avec Hucknall, la setlist s’appuie essentiellement sur les tubes issus de ses quatre premiers albums (enregistrés il y a plus de 30 ans !) et le public grisonnant, aux anges, danse devant la scène : Nous ressortons heureux de ce concert trop court (1 h 30 et 19 titres), dont le seul défaut est d’être sans surprise.
mardi 1 novembre 2022
Madame Ming
Un homme d'affaire, travaillant en Chine, rencontre, à chacun de ses déplacements, au Grand Hôtel de Yunaï, une dame-pipi nommée Madame Ming. Cette dame va lui révéler qu'elle a eu dix enfants ! Mensonge ou réalité dans un pays qui n'autorise qu'un enfant unique ? Le récit de la vie des dix enfants de Mme Ming sera l'occasion pour cet homme d'affaire d'une exploration intime de sa vie personnelle et de son rapport à la Chine et à la pensée de Confucius...
Une pièce originale avec notamment l'utilisation de marionnettes le tout accompagné d'une violoniste, mais si les acteurs ont du talent, le spectateur a du mal à s'intéresser à cette rencontre entre ces deux êtres que tout oppose et assiste plutôt à une sorte d'exposé sur la Chine et Confucius. Le texte d’Éric-Emmanuel Schmitt qui décrit la Chine d’hier et d’aujourd’hui est truffé de répliques très littéraires et multiplie les aphorismes, mais celà ne suffit pas à faire une pièce de théâtre !
Une pièce originale avec notamment l'utilisation de marionnettes le tout accompagné d'une violoniste, mais si les acteurs ont du talent, le spectateur a du mal à s'intéresser à cette rencontre entre ces deux êtres que tout oppose et assiste plutôt à une sorte d'exposé sur la Chine et Confucius. Le texte d’Éric-Emmanuel Schmitt qui décrit la Chine d’hier et d’aujourd’hui est truffé de répliques très littéraires et multiplie les aphorismes, mais celà ne suffit pas à faire une pièce de théâtre !
lundi 31 octobre 2022
Montaigne, les essais
Montaigne, après s'être retiré des affaires publiques, passa les vingt dernières années de sa vie à inviter le monde dans sa bibliothèque.
Brillante adaptation et interprétation des Essais par un comédien, Hervé Briaux, à la diction impécable, qui met ce texte intelligent et moderne à notre portée, ... c'est à dire bien bas ! Mais je n'ai pas apprécié qu'il me fasse comprendre que je suis aussi important qu'une fourmi.
Brillante adaptation et interprétation des Essais par un comédien, Hervé Briaux, à la diction impécable, qui met ce texte intelligent et moderne à notre portée, ... c'est à dire bien bas ! Mais je n'ai pas apprécié qu'il me fasse comprendre que je suis aussi important qu'une fourmi.
samedi 15 octobre 2022
Tindersticks en concert à Bordeaux
Formé à Londres en 1992 par un trio de musiciens emmené par le chanteur et guitariste Stuart A. Staples (Il vit à La Souterraine dans la Creuse), Tindersticks a publié 12 albums studio à l’atmosphère dépouillée et souvent mélancolique.
Le groupe anglais a imposé un style à part en trente ans de carrière, notamment grâce à ses ballades musicales souvent désespérées, bien loin de la britpop des années 90’s, et à la voix de crooner unique, distinctement basse et nasillarde de Staples.
Nous avons assisté à leur concert à Bordeaux dans une formation de six musiciens, Stuart Staples, chapeau vissé sur la tête, littéralement immergé dans ses chansons et un groupe à l’unisson qui multiplie les changements d’instruments, concentré autour de leur leader.
Le charme de la musique de Tindersticks s’est tout de suite imposé et la salle du théâtre Femina composée de nombreux seniors mais aussi de trentenaires, écoute religieusement dans une atmosphère feutrée une setlist trop courte de 18 chansons élégantes et raffinées dont je retiens notamment l’interprétation époustouflante de « For the Beauty » et la version envoutante de « Medicine ».
Ce soir, nous avons vécu une performance rare à l'émotion omniprésente et, après les 3 chansons de rappel, les Tindersticks quittent rapidement la scène, sous les acclamations méritées de la salle.
V. qui a découvert récemment les Tindersticks, sous le charme de ce concert, m’a glissé en sortant du théâtre, « pourquoi les enfants ne connaissent pas ce groupe ? »
Clara Haskil, prélude et fugue
Comme chaque année, la nouvelle saison du TAM à Rueil offre la possibilité de découvrir à quinze minutes de la maison, de multiples spectacles variés (19 pour nous cette année), pièces de théâtre, ballets, spectacles de cirque moderne, concerts, humoristes ... + dîner obligatoire dans le restaurant asiatique "Hong Kong Palace", en face du théâtre, dont nous sommes capable de citer la carte dans la voiture (ce soir, je vais choisir B12 !).
Sur l'ensemble de la saison, il est probable que nous regretterons notre choix pour un ou deux spectacles "trop bien vendus" par la jolie responsable de la programmation, lors de la séance de présentation en mai dernier.
Pas grave.
A l'inverse, c'est l'opportunité de découvrir un spectacle qui va nous enthousiasmer et nous parlerons du bonheur de cette découverte dans la voiture en rentrant, heureux de cette bonne soirée (incluant le canard au curry ...). C'est le cas de notre soirée d'hier consacrée à Clara Haskil, célèbre pianiste d'origine roumaine, dont la vie est retracée dans la pièce "Clara Haskil, prélude et fugue" par un duo : Laetitia Casta joue, NON ELLE EST Clara, et à ses côtés, une jeune pianiste, Isil Bengi, interprète plusieurs morceaux (Mozart, Chopin…). Cette évocation commence par sa mort imminente (après une chute dans l'escalier de la gare de Bruxelles) pour remonter à son enfance et suivre sa vie, l'incendie de l'appartement familial, la mort prématurée de son père, son départ à 7 ans pour Vienne, un premier prix au Conservatoire à Paris, une douloureuse scoliose, sa rencontre avec Charlie Chaplin, sur fond de deux guerres ... une vie de douleurs pour cette petite fille précoce, à la gloire tardive, traumatisée par la mort de sa mère qu'elle ne cesse d'appeler.
La performance de Laetitia Casta est exceptionnelle, bouleversante, elle change de tonalité et passe d'un personnage à l'autre avec un total naturel, se déplace avec grâce entre les trois pianos (un petit piano d'enfant, un piano droit d'étude, un piano à queue noir), se tient sculpturale face au public et nous émeut ainsi tout au long de ce spectacle trop court, éternelle petite fille au destin tragique. La mise en scène simple joue sur la division de la scène par de superbes jeux de lumière et quelques ajouts sonores.
Hier soir, nous n'avons pas vu une ancienne mannequin mais une actrice de talent qui n'a pas choisi la facilité et porte ce spectacle avec beaucoup d'énergie. Laetitia Casta se révèle époustouflante en tragédienne.
La salle du TAM, débout, a longuement applaudi le duo.
Sur l'ensemble de la saison, il est probable que nous regretterons notre choix pour un ou deux spectacles "trop bien vendus" par la jolie responsable de la programmation, lors de la séance de présentation en mai dernier.
Pas grave.
A l'inverse, c'est l'opportunité de découvrir un spectacle qui va nous enthousiasmer et nous parlerons du bonheur de cette découverte dans la voiture en rentrant, heureux de cette bonne soirée (incluant le canard au curry ...). C'est le cas de notre soirée d'hier consacrée à Clara Haskil, célèbre pianiste d'origine roumaine, dont la vie est retracée dans la pièce "Clara Haskil, prélude et fugue" par un duo : Laetitia Casta joue, NON ELLE EST Clara, et à ses côtés, une jeune pianiste, Isil Bengi, interprète plusieurs morceaux (Mozart, Chopin…). Cette évocation commence par sa mort imminente (après une chute dans l'escalier de la gare de Bruxelles) pour remonter à son enfance et suivre sa vie, l'incendie de l'appartement familial, la mort prématurée de son père, son départ à 7 ans pour Vienne, un premier prix au Conservatoire à Paris, une douloureuse scoliose, sa rencontre avec Charlie Chaplin, sur fond de deux guerres ... une vie de douleurs pour cette petite fille précoce, à la gloire tardive, traumatisée par la mort de sa mère qu'elle ne cesse d'appeler.
La performance de Laetitia Casta est exceptionnelle, bouleversante, elle change de tonalité et passe d'un personnage à l'autre avec un total naturel, se déplace avec grâce entre les trois pianos (un petit piano d'enfant, un piano droit d'étude, un piano à queue noir), se tient sculpturale face au public et nous émeut ainsi tout au long de ce spectacle trop court, éternelle petite fille au destin tragique. La mise en scène simple joue sur la division de la scène par de superbes jeux de lumière et quelques ajouts sonores.
Hier soir, nous n'avons pas vu une ancienne mannequin mais une actrice de talent qui n'a pas choisi la facilité et porte ce spectacle avec beaucoup d'énergie. Laetitia Casta se révèle époustouflante en tragédienne.
La salle du TAM, débout, a longuement applaudi le duo.
jeudi 13 octobre 2022
Bérénice
Titus et Bérénice sont amoureux de longue date. Titus a même promis le mariage à sa reine de Palestine. Mais dès qu’il monte sur le trône, à la mort de son père Vespasien, Titus comprend que Rome n’acceptera jamais une reine étrangère pour régner à ses côtés. Il doit donc choisir entre amour et pouvoir et renoncer à Bérénice.
Dans un décor ultra-moderne et sobre, la chambre de Bérénice avec ses deux fenêtres ouvertes sur un ciel changeant, les trois acteurs subtils, dans des habits d'aujourd'hui, nous font vivre avec intensité cette tragédie sans issue, sur fond d'une musique enregistrée qui accompagne les vers de Racine. Il faut peu de temps pour s’habituer à ces monologues en alexandrins dans cette ambiance moderne grâce aux interprètes exceptionnels, Jacky Ido qui incarne Antiochus, l’amoureux transi et frustré de Bérénice, Frédéric de Goldfiem, brillant Titus et Carole Bouquet qui incarne une Bérénice émouvante.
Une excellente soirée grâce à un équilibre subtil entre classicisme et "mise au goût du jour".
mardi 11 octobre 2022
Coldplay
Concert mémorable hier au stade de France (merci Léopoldine) de Coldplay, définivement un groupe taillé pour les grandes scènes, à grand renfort de feux d’artifice, pluies de confettis, lâchers de ballons, bracelets lumineux (dont les spectateurs ont été équipés), qui changent de couleurs au gré des chansons et surtout d'hymnes repris par 70 000 personnes qui montrent que Chris Martin est à la fois un grand showman mais aussi un grand compositeur de chansons pop fédératrices, ... dont nous avons particulièrement besoin en ce moment.
Nile Rogers - Bernard Lavilliers - Suzanne Vega
Le hasard de la programmation musicale nous a conduits à assister à trois concerts d’artistes très différents en une semaine, comme un condensé de ce qu’offre le spectacle vivant : la découverte de nouvelles musiques interprétées par de vrais musiciens (et pas des machines !) et la sensation de bonheur collectif partagé par l’ensemble des spectateurs.
Nile Rodgers, un des deux membres du groupe CHIC, qui a popularisé le disco/funk à la fin des années 70 avec son jeu de guitare immédiatement reconnaissable, a fait danser la salle Pleyel avec l'interprétation des tubes de son ancien groupe et les hits qu'il a produits pour Madonna, David Bowie ou Diana Ross. Un show très (trop ?) professionnel qui a enthousiasmé un public grisonnant et leurs enfants trentenaires, tous debout pendant deux heures !
Bernard Lavilliers, éternel voyageur, était à L’Olympia pour célébrer avec retard (le COVID !) la sortie (en 2021) de son meilleur album depuis longtemps, « Sous Un Soleil Énorme », enregistré à Buenos Aires. Mais son concert nous emmène aussi au Liban, en Jamaïque, au Brésil et à Cuba, un véritable tour du monde qui démontre surtout qu’à 75 ans, entouré de musiciens exceptionnels, il est toujours un grand pro de la scène, capable aussi bien de danser la salsa que d’interpréter seul en scène avec sa guitare et sa voix chaude, « On the road again », devant une salle totalement à l’écoute.
Suzanne Vega s'est fait connaître dans les années 80 avec "Luka" et est ainsi devenue l'une des premières auteures-compositrices-interprètes populaires de pop folk dont j’ai, à l’époque, abondamment usé les vinyles de ses premiers albums. A l’Olympia, avec seulement sa guitare acoustique et son fidèle compagnon Gerry Leonard à la guitare électrique (oui, le guitariste des 3 derniers albums de David Bowie), elle a enchanté le public (plutôt tendance carte vermeil) avec un répertoire piochant surtout dans les albums de ses débuts. Sa voix douce n’a pas changé après quarante ans, mais le duo a revisité ces morceaux sans les arrangements de l’époque, grâce aux accords puissants du brillant guitariste qui s’est notamment illustré dans la reprise éblouissante de "Walk on the Wild Side", de qui vous savez.
Elton John
Nouveau concert d’Elton John, cette fois à Paris La Défense Arena, dans le cadre de son ultime tournée « Farewell Yellow Brick Road Tour » qui a débuté en 2018 et est prolongée jusqu’en 2023, du fait de la pandémie et des soucis de santé de l’artiste.
Comme en 2019 , Elton John a proposé un show très professionnel, qui manque un peu de folie (il a 75 ans !), en puisant dans sa malle aux trésors des chansons qui ont marqué nos années 70 ‘s, de « Bennie and the Jets », en introduction, à « Goodbye Yellow Brick Road », à la fin du concert. Seul ajout, « Cold Heart » mélange de plusieurs singles d’Elton John (Sacrifice, Rocket Man, …), réalisé avec la chanteuse Dua Lipa qui lui a permis de retrouver en 2021 les sommets des classements britanniques.
Nettement plus en voix qu’il y a 3 ans, assis au piano pendant tout le show, en costume kitsch et pailleté, il a enchanté le public composé à la fois de sexagénaires à « cheveux blancs » et de leurs enfants (probablement bercés dans leur jeunesse par ses sublimes mélodies), qui reprennent en chœur les refrains de plusieurs de ses morceaux. En plus de deux heures de concert, Elton John assure le show avec énergie, intervient sur certains titres, remercie ses musiciens (3 d’entre eux le suivent depuis le début des années 70’s !) et chante avec puissance mais, âge oblige, évite les aigus, devant un mur de vidéos qui déroule des images d'archives de sa vie. Il termine le concert sous une ovation des 30 000 spectateurs et nous quitte en disparaissant progressivement, perché sur une nacelle qui l’entraine derrière la scène.
Peu d’artistes auront autant marqué la musique pop qu’Elton John.
Il repassera par Paris en juin 2023.
Jungle
Concert au Zenith de "Jungle", un duo de musiciens britanniques qui se sont connus à l’école à 9 ans, influencés par le son soul-funk des années 1970. Ils ont publié trois excellents albums, mélange de funk, de soul, d'électro et un soupçon de hip-hop, le tout donnant irrésistiblement envie de danser ! Nous étions probablement les spectateurs les plus âgés de la salle qui s’est levée dès le premier morceau (et donc nous aussi !), pour se trémousser jusqu’au dernier morceau et nous sommes tous sortis fourbus mais avec le sourire aux lèvres !
samedi 23 juillet 2022
Rolling Stones
Le concert des Rolling Stones samedi soir a montré que les papys du rock (près de 80 ans !) ont encore l’énergie pour enflammer les 60 000 spectateurs de l’hippodrome de Longchamp, dans le cadre de la tournée des 60 ans de la carrière du groupe.
Comme en 2017 à La Défense, le « plus grand groupe de rock’n’roll du monde » interprète exclusivement leurs standards des années 60 et 70 : « Street Fighting Man », « You Can't Always Get What You Want », « Honky Tonk Women », « Miss You », « Jumpin' Jack Flash », « Sympathy for the Devil », « (I Can't Get No) Satisfaction », et surtout leur meilleur morceau en concert « Midnight Rambler » dans une version étirée de près de 10 minutes !
Seule exception « Living in a Ghost Town », un bon titre sorti en septembre 2021 et quelques anciens morceaux, peu interprétés en concert, comme «19th nervous breakdown » ou «Out of time».
Il faut dire qu’ils n’ont pas sorti un bon album depuis 1978 (« Some Girls ») et la setlist montre qu’ils en ont conscience !
Nous avons choisi d’assister au show depuis la fosse, au contact des vrais fans qui connaissent les chansons par cœur, mais cette localisation présente l’inconvénient majeur d’avoir devant soi une forêt de smartphones qui gênent la vision de la scène !
La sonorisation puissante et claire (pas comme à La Défense Arena) a vite montré que Jagger, félin à la taille de guêpe, toujours gesticulant et dansant avec la même gestuelle depuis 60 ans, était vocalement en forme, malgré un COVID qui les a obligés à annuler 2 concerts en juin. Keith Richards gueule de pirate raviné et son bandeau fuchsia continue à séduire V. qui aime bien les mauvais garçons !
Bien sûr, il y a un peu la nostalgie de notre jeunesse bien lointaine pour les nombreux spectateurs « carte vermeil » mais nous avions aussi avec nous 3 de nos enfants (et leurs conjoints) aussi enthousiastes que leurs parents.
Le show est réglé au millimètre et les grands écrans de fond de scène montrent un groupe heureux et presque étonné d’être encore ensemble après tant d’années, alors que la foule reprend à tue-tête chacun des morceaux dans la douceur de l’été, avec au loin les immeubles encore éclairés de La Défense qui émergent au-dessus des arbres. Les titres défilent trop rapidement et après plus de deux heures sans interruption, le riff de Satisfaction annonce la fin du concert. Heureusement, grâce à Léopoldine et à Live Nation, une coupe de champagne à l'espace VIP nous permet de revenir doucement sur terre !
C’était le 35ème concert des Rolling Stones à Paris ! Pas de retraite pour les rocks stars ?
dimanche 3 juillet 2022
Indochine au Stade Pierre-Mauroy
En 40 ans, le groupe de Nicola Sirkis a tout connu : un succès fulgurant (souvenez-vous "Les aventuriers", "3 nuits par semaine", "Tes yeux noir", ...), puis le départ de son principal compositeur au bout de 10 ans, le décès de son guitariste (le frère de Nicola Sirkis), une image de has been absolu au cœur des années 90, une renaissance inattendue au début des années 2000 avec les albums "Danceteria" et "Paradize", et aujourd'hui un statut de groupe culte, intergénérationnel enchainant les tournées triomphales et remplissant les plus grands stades de l'hexagone.
Nous avons assisté au dernier concert de la tournée "Central Tour", avec 70 000 personnes, au Stade Pierre-Mauroy à Lille, entourés de fans qui connaissaient tous les paroles !
Un show impressionnant de professionnalisme avec une scène centrale de 45 m de haut , en forme de vieux réservoir sur les parois duquel se reflétaient effets visuels, show laser et écran géant, permettant ainsi à tout le monde de profiter des musiciens en gros plan, d’images du public et de vidéos illustrant certaines chansons. Seule faiblesse du dispositif scénique, comme c'est souvent le cas dans les stades, un son approximatif qui ne permettait pas toujours d'entendre les interventions de Nicolas Sirkis, entre les chansons.
Une set-list impéccable avec une avalanche de tubes du répertoire des années 2000 ("Station 13", "Marilyn", le formidable "Un été français", "Paradize", "Alice and June", "La vie est belle") mais aussi du répertoire des années 80 ("Canary bay", "Miss Paramount", "Les tzars", "La chevauchée des champs de blés"), et bien sûr, les tubes absolus du groupe comme "3 nuits par semaine" ou "J'ai demandé à la lune" ou enfin la version revisitée de "3ème sexe" en duo avec Christine and the Queens et un final renversant avec l'incontournable "L'aventurier" dans un déluge de lumières et de feux d'artifices.
Un moment émouvant au moment de chanter « Dizzidence politik », le premier morceau de son histoire, le groupe a réaccueilli son ancien membre Dimitri Bodianski ainsi que Lou Sirkis, la fille de Stéphane.
Avec ce « Central Tour », Nicola Sirkis et son groupe (personne ne connaît leur nom !) ont assuré un show mémorable pendant 2h45 qui a encore une fois montré le respect profond d'Indochine envers ses fans !
Bluffant !
Nous avons assisté au dernier concert de la tournée "Central Tour", avec 70 000 personnes, au Stade Pierre-Mauroy à Lille, entourés de fans qui connaissaient tous les paroles !
Un show impressionnant de professionnalisme avec une scène centrale de 45 m de haut , en forme de vieux réservoir sur les parois duquel se reflétaient effets visuels, show laser et écran géant, permettant ainsi à tout le monde de profiter des musiciens en gros plan, d’images du public et de vidéos illustrant certaines chansons. Seule faiblesse du dispositif scénique, comme c'est souvent le cas dans les stades, un son approximatif qui ne permettait pas toujours d'entendre les interventions de Nicolas Sirkis, entre les chansons.
Une set-list impéccable avec une avalanche de tubes du répertoire des années 2000 ("Station 13", "Marilyn", le formidable "Un été français", "Paradize", "Alice and June", "La vie est belle") mais aussi du répertoire des années 80 ("Canary bay", "Miss Paramount", "Les tzars", "La chevauchée des champs de blés"), et bien sûr, les tubes absolus du groupe comme "3 nuits par semaine" ou "J'ai demandé à la lune" ou enfin la version revisitée de "3ème sexe" en duo avec Christine and the Queens et un final renversant avec l'incontournable "L'aventurier" dans un déluge de lumières et de feux d'artifices.
Un moment émouvant au moment de chanter « Dizzidence politik », le premier morceau de son histoire, le groupe a réaccueilli son ancien membre Dimitri Bodianski ainsi que Lou Sirkis, la fille de Stéphane.
Avec ce « Central Tour », Nicola Sirkis et son groupe (personne ne connaît leur nom !) ont assuré un show mémorable pendant 2h45 qui a encore une fois montré le respect profond d'Indochine envers ses fans !
Bluffant !
lundi 30 mai 2022
Une vie
Clémentine Célarié incarne Jeanne, l'héroïne malheureuse du roman de Maupassant, successivement jeune innocente, follement amoureuse, puis trahie par un époux volage, mère trop faible de son fils Paul et enfin vieille esseulée. Heureusement Rosalie, la femme de chambre, généreuse et énergique, retrouve Jeanne et la prend en charge pour la fin de sa vie. Clémentine Célarié incarne l'ensemble des personnages en costume d'époque dans un beau décor d'une falaise normande, et passe par tous les états, passionnée, désespérée, vibrante et fragile. Un spectacle qui repose entièrement sur ses épaules et qui est suivi dans un silence absolu pendant plus d'une heure et demi par les spectateurs qui vont l'applaudir longuement à la fin du spectacle. Une performance éblouissante et un grand moment de théâtre.
samedi 23 avril 2022
Sparks Casino de Paris 2022
Depuis de nombreuses années , j’ai la chance d’appartenir à une secte peu fréquentée en France, quelques milliers d’individus unis par le culte d’un groupe anticonformiste et singulier qui nous a réunis au Casino de Paris pour un concert inventif, qui a enchanté un public varié, mélange de la génération Y (nos enfants) avec les « papy-boomers » (V+R).
Qui sont les Sparks, ce duo culte à l'origine de la comédie musicale “Annette” ?
En 1968, Russel et Ron Mael fondent à Los Angeles un groupe de rock, les Sparks, mais rapidement ils s'établissent à Londres, plus créative musicalement que la Californie. Depuis, les deux frères ont publié 25 albums, dont les plus brillants sont parus depuis les années 2000 et ont influencé les plus grands noms de la musique pop, comme Queen, Depeche Mode ou Björk. Agés de 72 et 75 ans, les deux musiciens indémodables continuent à sortir de nouveaux disques, enchainent les tournées et les projets musicaux et ont écrit et composé la comédie musicale “Annette” de Leo Carax, primée à Cannes.
Depuis 50 ans, leur musique mélange tous les genres, glam, disco, new-wave, électro pop et même opéra rock dans un style déjanté renforcé par le look « petites lunettes et moustache fine », émacié et inquiétant à la Buster Keaton de Ron, le génial compositeur, et la voix fascinante de falsetto de Russel, capable de couvrir plusieurs octaves dans une même chanson.
Durant cette longue carrière, ils n’ont obtenu que peu de tubes, “This town ain’t big enough for both of us” en 1974 que vous connaissez forcément (vu votre âge !), un duo avec Les Rita Mitsouko « Singing in the Shower », un tube disco à la Giorgio Moroder « When I'm with You » et un single imparable « When Do I Get to Sing My Way » dans les années 90’s. Après un passage à vide, ils publient dans les années 2000’s plusieurs albums de haute volée, notamment « Lil’ Beethoven » d’une inventivité prodigieuse.
L’anticonformisme est leur marque de fabrique, ce qui explique peut-être leur succès essentiellement en Europe et un manque de reconnaissance dans leur pays d’origine.
Durant deux heures, dans une salle bondée, le public a voyagé à travers les cinquante ans de la carrière des Sparks avec les tubes ("This Town Ain't Big Enough For Both Of Us", "Number One Song In Heaven", "When Do I Get To Sing My Way"), les classiques des concerts (“Get in the Swingles”, “The Rhythm Thief”, “My Baby's Taking Me Home”) et les morceaux des derniers albums ("May We Start", "All That", "Edith Piaf (Said It Better Than Me)"). Nous sommes entrainés dans une pop inventive et flamboyante, entrecoupée d’interventions en français souvent drôles du chanteur, et de quelques pas de danse de Ron qui abandonne un bref instant son look raide derrière son clavier. Les spectateurs « sparksophiles » feront un triomphe aux deux frères Mael, si complémentaires, Russel en jaune canari toujours sautillant sur scène, et Ron impassible.
Ils semblent surpris de ce succès tardif.
Nous sommes sortis conquis par ce show original et galvanisant, heureux d’avoir été à nouveau témoins de leur génie burlesque et de leur singularité musicale.
mercredi 30 mars 2022
Kings Of Convenience
Après le show spectaculaire de Genesis, le concert de Kings Of Convenience, un duo Norvégien de folk et de pop aux chansons douces et mélancoliques, offre en contraste, un éloge de la lenteur et de l’épure. Après onze ans de silence, ce groupe, souvent comparé à Simon & Garfunkel ou à Belle & Sebastian, a offert à la salle Pleyel, un pur moment de musique acoustique intime. Eirik Glambek Boe et Erlend Oye se sont rencontrés à l'école de Bergen, apprennent la guitare ensemble et composent des ballades acoustiques folk, à leur vitesse : seulement 4 albums en plus de 20 ans ! Le temps n’a aucune prise sur eux, car ils appliquent avec constance la même formule, guitares en bois, voix de velours, harmonies vocales et chansons folk délicates (et parfois un peu de bossa-nova). Ils chantent en anglais, ponctuent le concert de commentaires humoristiques et nous invitent à battre la mesure sur les chansons rythmées (tout est relatif !). Un concert court de 17 chansons dont une reprise de Aha, l’autre groupe norvégien, et ils partent avec leurs guitares … qui constituent aussi le décor.
Finalement c’est pas compliqué la vie de pop star !
La maison du loup
Le TAM (Théâtre André Malraux) propose chaque année une saison de spectacles très diversifiés qui vont par exemple cette année de Garou (pas possible pour nous !) à l’Idiot (comment adapter les près de 1000 pages de Dostoïevski ?). Et puis, chaque année, nous découvrons des pièces moins connues, souvent présentées au festival OFF Avignon, grâce à la programmation audacieuse de la Directrice, Anne Habermeyer. Ainsi, hier soir, nous sommes sortis enthousiastes de la nouvelle création « La maison du loup » de Benoit Solès, l’auteur de la passionnante histoire de « La Machine de Turing », vu en 2019.
Depuis sa libération, Ed Morrell se bat pour que son ami, Jacob Heimer, échappe à la peine de mort. Frappée par ce combat, Charmian, épouse du célèbre écrivain Jack London, invite Ed dans leur vaste propriété « La Maison du Loup ». Son objectif est de provoquer chez Jack, en perte d’inspiration, une sorte d’étincelle. Ed parviendra-t- il à sauver Jacob... ? Jack London écrira-t-il un nouveau roman... ?
Après le succès phénoménal et les quatre Molières de « La Machine de Turing », Benoit Solès déploie à nouveau son imagination dans cette rencontre qui évoque notamment l’expérience de "confiné à l'isolement", dans une cellule de prison mais aussi les thèmes de l’inspiration de l’écrivain, l’addiction à l’alcool ou la peine de mort. Dans la vraie vie, Jack London s’inspirera effectivement de cette histoire pour son dernier roman « Le Vagabond des étoiles » qui contribuera à la réforme du système judiciaire américain.
Il m’a fallu une demi-heure pour comprendre le sens de cette pièce (peut-être le temps de digestion du canard au curry, lui aussi abonné au TAM !), me passionner pour cette histoire saisissante et être emporté par plusieurs morceaux de bravoure, notamment lorsque Ed décrit ses conditions d’incarcération ou Jack tutoie sa bouteille de Johnny Walker. La mise en scène rythmée utilise une musique envoutante, quelques bruitages, de superbes éclairages entre chien et loup et une étonnante projection animée de la vallée qui donne un cadre poétique. Mais ce sont surtout les trois comédiens de grand talent, à la fois bouleversants et humains, qui nous embarquent et nous offrent un pur moment de bonheur théâtral.
dimanche 20 mars 2022
Si On Savait
Patrick meurt bêtement en réparant le micro-ondes et se retrouve dans l'au-delà devant une personne qui lui fait le bilan de sa vie et lui demande ce qu'il aurait changé si c'était à refaire. Nous revivons alors avec lui ces moments-là tels qu'il les a vécus, puis tels qu'il aurait pu les vivre en faisant d'autres choix. C'est une comédie bon enfant, qui permet à Eric Fraticelli d'aborder un sujet qui nous a tous touché : et si c’était à refaire, ferions nous la même chose ? Serions nous plus heureux ?
Une pièce au scénario original et brillamment portée par ses acteurs, notamment Daniel Russo et Véronique Genest qui nous font rire du début a la fin. La mise en scène de Jean-Luc Moreau dynamique et astucieuse repose sur un dispositif de plateau tournant pour alterner les décors avec rapidité. Une comédie de boulevard qui fait du bien en cette époque morose.
samedi 19 mars 2022
Genesis
Emouvant concert d’adieu de Genesis dont son leader Phil Collins, 71 ans, ne cache pas sa maladie, calé sur une chaise, dans un survêtement noir, et dont la voix quasiment intacte dès les premières notes rassure le public (de cheveux blancs !!!), conscient d’assister à un évènement rare et précieux. La batterie est désormais assurée par Nicholas Collins, 20 ans, le fils de Phil, véritable révélation qui impressionne par sa technicité et sa puissance.
Le concert fait la part belle aux tubes pop des années 80 ("Turn it On Again", "Mama", "Land of confusion", "Follow You Follow Me", "Invisible Touch" …) mais reprend aussi quelques morceaux emblématiques, aux structures plus complexes, de la période dite « progressive » de Peter Gabriel (la plus intéressante), comme « Firth of Fifth » ou « I Know What I Like » et surtout « The Carpet Crawlers », une des plus belles chansons du groupe, extrait de son meilleur album « The Lamb Lies Down on Broadway», qui date de 1974 !
Le show est impeccable grâce à un light-show prodigieux, un son superbe et puissant et des vidéos combinant des prises de vues des musiciens et des clips d’animation flamboyants. La magie opère, on sent que le groupe veut proposer un spectacle à la hauteur de sa carrière et de l’incroyable efficacité mélodique des 23 titres du concert de près de 2 h 30.
Et c’est après une ovation des 40.000 spectateurs de La Défense Arena que le groupe nous quitte, Collins lentement, appuyé sur une canne. Nous repartons dans notre train de banlieue, flottant dans une douce nostalgie mais surtout heureux d’avoir assisté à ce moment unique.
samedi 12 mars 2022
Amis
Comment peut-on trouver l’ami parfait ? En se connectant sur Amitic, Pierre, banquier snob parisien, voit un jour débarquer dans sa vie Serge Marron qui prétend être... son meilleur ami ! Marron se transforme alors en véritable en boulet, prêt à tout pour vivre cette amitié inespérée, quitte à faire du chantage à Pierre...
Quelle déception, la pièce ne décolle pas, ce n'est ni drôle ni profond, c'est fade, cette pièce manque cruellement de rythme, les dialogues sont creux, malgré le talent des acteurs, notamment Kad Merad. C'est raté !
Quelle déception, la pièce ne décolle pas, ce n'est ni drôle ni profond, c'est fade, cette pièce manque cruellement de rythme, les dialogues sont creux, malgré le talent des acteurs, notamment Kad Merad. C'est raté !
Bérangère Krief
Nouveau spectacle de Bérangère Krief, "Amour" qui nous fait passer du rire aux larmes avec notamment des numéros de chant hilarant. Emouvante et pétillante, elle propose un spectacle personnel sur ses histoires d'amour et
ses échecs sentimentaux passés et nous rassure : aujourd'hui tout va bien ! Elle va droit au coeur avec son lot de punchlines qui déclenchent les rires et des "interprétations " de chansons qui font mouche. Du rythme, drôle et émouvant.
samedi 22 janvier 2022
L'important d'être constant
Quel bonheur de conduire sa limousine Smart en 12 mn à Rueil sans les embouteillages à la sauce Hidalgo, de garer sa voiture sans difficulté dans un parking propre sans odeur d'urines, de déguster au restaurant Hong Kong Palace (!!!) le traditionnel nems/poulet au curry/riz cantonnais, d'être accueilli par une équipe aimable depuis plus d'une centaine de fois en 7 ans d'abonnement au Théâtre André Malraux, de nous présenter au contrôle avec un schéma vaccinal complet et un QR de toute beauté, de s'asseoir dans un des 850 fauteuils rouges sans être incommodé par la tête à chignon devant vous et de découvrir la pièce d'Oscar Wilde "L'important d'être constant", vaudeville à l'anglaise, imbroglio sentimental irrésistible grâce à l'interprétation des acteurs (trices) tous excellents où l'humour et les traits d'esprit d'Oscar Wilde font merveille, grâce à une succession de scènes d'anthologie et un rebondissement final, et, après la représentation trop courte devant une salle enthousiaste, de ressortir sur la place du théâtre, simplement heureux.
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