Avec sa chevelure de jais noir plaquée en arrière, son teint de peau blanc presque cadavérique et son nez allongé, Nick Cave, vêtu de son costume habituel et toujours mince à 66 ans, ressemblait à un rapace lors de son concert dimanche dernier à l’Accor Arena. C’était la dernière étape de sa tournée européenne pour promouvoir son nouvel excellent album « Wild God » et on sentait bien que les « Bad Seeds » jouaient de manière millimétrée, affutés par les nombreuses dates antérieures. Il y a bien entendu l’incontournable Warren Ellis, qui est à lui seul un spectacle complet avec sa manière délirante de jouer de la guitare, des claviers, du violon mais aussi quatre choristes vêtus d’une sorte de toge blanche qui vont apporter une touche de soul à l’ensemble du groupe.
Un concert de Nick Cave a une dimension presque messianique qui me gène un peu car je ne suis pas un fan historique mais récent, depuis que son style musical a évolué de morceaux post-punk presque sauvages vers des compositions plus sombres et mélancoliques (malheureusement liées à sa tragique histoire personnelle).
Le concert parisien a mélangé ces deux périodes et nous avons évidemment préféré la période récente, notamment lorsqu’il a joué la quasi-intégralité de son nouvel album ou des extrait de l’excellent «Carnage ». Pendant les plus de deux heures de son show, Nick Cave a arpenté avec fougue le devant de la scène, saisissant certaines des milliers de mains levées de fans agglutinés devant l’estrade et s’adressant souvent à eux lors de ses interventions, parfois humoristiques, entre les morceaux. C’est manifestement une sorte de gourou charismatique pour certains spectateurs qui lui offrent des cadeaux et partagent une quasi-extase collective que je réservais, dans ma jeunesse, à Leonard Cohen.
Nick Cave incarne intensément l’ensemble des morceaux de son set et on peut lire dans son visage la souffrance liée à certaines de ses paroles. Parmi les titres joués ce soir, je retiens évidemment « Red Right Hand », un de ses seuls tubes, les superbes « Bright Horses » et « O Children », « I Need You » dédié à sa femme dans la salle, l’entrainant« The Weeping Song » et enfin « Into My Arms », interprétée par Cave seul, avec sa voix de baryton, au piano.
Nous avons ainsi vécu une expérience presque religieuse lors de ce concert de Nick Cave et je dois remercier V. qui ne connaissait pas cet artiste et est ressortie de la grande salle de Bercy, convaincue par l’engagement scénique de cet artiste « hors norme ».

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